Le Cameroun a décidé d'allouer 3,11% de son budget de 2025, soit 225,3 milliards FCFA (environ 360,4 millions USD), à la lutte contre les changements climatiques. L'information est contenue dans le Document budgétaire sensible au climat (DBSC) annexé à la loi de finances de l'État pour l'exercice en cours. C'est la première fois que le Cameroun s'arrime à la budgétisation sensible au climat et à l'environnement, se conformant ainsi aux engagements qu'il a pris dans le cadre de l'Accord de Paris. Le pays s'est notamment engagé à mettre en œuvre des mesures d'atténuation et d'adaptation en vue de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) à hauteur de 35% d'ici 2030.
Soutenue par la Banque mondiale, la première budgétisation sensible au climat concerne 9 administrations publiques, à savoir le Minepded, Minader, Minepia, Minee, Minfop, Mintp, Mindhu, Minsanté, et le Mint (Transport). Concrètement, ces ministères alloueront une part de leurs dépenses d'investissement à des projets qui contribuent à la réduction des risques et/ou vulnérabilités liés aux changements climatiques ; la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à la promotion et la protection de la biodiversité.
On peut citer, entre autres initiatives, le programme à impact pour la gestion durable des paysages forestiers du Cameroun dans le Bassin du Congo ; la mise en place d'un réseau de 02 stations de surveillance de la qualité de l'air ; le projet de construction de la centrale thermique à gaz de Limbé ; le projet d'électrification de 1 000 localités au Cameroun par système solaire photovoltaïque, la construction de 200 centrales deuxième tranche ; les projets d'assainissement dans les grandes villes (Yaoundé et Douala)…
De ce point de vue, les ministères en charge de l'urbanisation (Mindhu), de l'énergie (MINEE) et des transports (MINT) alloueront respectivement 28,61% ; 22,37% et 22,18% de leurs budgets pour le climat. Il s'agit des départements ministériels qui devraient être les plus concernés par les projets sus évoqués. Petit bémol, le DBSC ne précise pas l'impact qu'auront ces initiatives sur le climat au terme de l'exercice budgétaire en cours.
Le Cameroun, comme la plupart des pays subsahariens, n'est pas particulièrement un gros pollueur (il a contribué à moins de 0,07% des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2020) mais il reste fortement exposé aux impacts du changement climatique. Pour preuve, au cours de l'année 2024, plusieurs catastrophes climatiques se sont produites sur le territoire camerounais notamment dans les inondations à l'Extrême-Nord et l'éboulement de la falaise de Dschang. D'où l'intérêt pour les autorités de s'aligner sur la mouvance mondiale visant à réduire autant que possible la pollution atmosphérique.
Cédrick JIONGO
Publié le 27/01/25 16:36
La Rédaction
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CEMAC