Jean Baptiste Ondaye, ministre de l'Économie et des Finances du Congo
Après avoir rétrogradé les obligations domestiques du Congo dans la catégorie "RD" (défaut Sélectif), Fitch Ratings est revenu sur sa décision après que le pays ait réussi à restructurer une partie de sa dette. Ce 12 novembre, l'agence américaine a reclassé le pays à "CCC" et a maintenu la note sur ses emprunts en devises à long terme à "CCC+".
Cette décision reflète l'opinion de Fitch selon laquelle la pression qui pesait sur les finances publiques congolaises s'est quelque peu dissipée. Le 11 novembre dernier, le ministre des Finances du Congo a annoncé que son pays était parvenu à un accord avec ses créanciers domestiques pour restructurer 1 486 milliards FCFA (environ 2,4 milliards USD) de dettes obligataires sur le marché régional. Cette enveloppe représente 64,2% des 2 314 milliards FCFA que Brazzaville cherche à rééchelonner dans le cadre du plan national d'Optimisation de la Trésorerie (PNOT), lancé le 14 octobre dernier.
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Cet échange de dette a été conçu pour "éviter un défaut de paiement traditionnel, compte tenu des besoins de financement intérieur importants du Congo dans un contexte de liquidités serrées et d'options de financement limitées", décrit l'agence. À fin septembre, l'encours des BTA et OTA du pays était assorti d'une maturité moyenne de 2,6 ans, dont 67% (1 451 milliards FCFA) devant être remboursé avant la fin de l'année 2025. Au terme de la première phase du plan de restructuration, le gouvernement rapporte qu'une bonne partie des nouvelles obligations ont une maturité de dix ans et la durée moyenne de remboursement est désormais de 6,4 ans. Au plan budgétaire, cela devrait se traduire par des économies sur le service de la dette de 700 milliards FCFA (1,15 milliard USD) sur la période allant de 2024 à 2028.
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Brazzaville rapporte que les ressources économisées seront orientées vers "la couverture des besoins de financements et de trésorerie au titre de l'exercice budgétaire pour les années 2024 et 2025. Cependant, redoute Fitch, "un autre événement de défaut reste une possibilité réelle à la lumière de la capacité de remboursement sous tension et de la faible gestion des finances publiques".
Cédrick JIONGO
Publié le 13/11/24 15:41
La Rédaction
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