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France–Cameroun : 219 millions USD pour répondre aux urgences urbaines et sociales

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Le Cameroun et la France vont acter ce mercredi, la signature, d'un ensemble d'accords de financement représentant environ 219,4 millions USD, soit près de 123 milliards de FCFA. Les conventions seront paraphées au ministère de l'Économie, de la Planification et de l'Aménagement du Territoire par le ministre camerounais Alamine Ousmane Mey, l'ambassadeur de France au Cameroun, Sylvain Riquier, et la directrice générale de l'Agence française de développement (AFD), Virginie Dago.

Selon les informations communiquées par les autorités camerounaises et l'AFD, ce nouveau paquet financier s'inscrit dans la continuité des priorités économiques et sociales du pays, avec un accent marqué sur la résilience urbaine face aux inondations, la sécurité alimentaire, l'entrepreneuriat féminin et le renforcement de la gouvernance locale. La structure des financements combine prêts concessionnels, subventions ciblées et mécanismes de conversion de dette.

La part la plus importante de cet engagement concerne un prêt de 150 millions d'euros, soit environ 98 milliards de FCFA, destiné au financement du Projet de lutte contre les inondations à Douala et Yaoundé (Plidy). Autorisé par un décret présidentiel signé le 9 décembre 2025, ce financement est contracté sur une maturité de vingt ans. D'après l'AFD, le Plidy est conçu comme un programme de six ans, dont le démarrage était initialement envisagé à partir de 2024, et qui cible plus de deux millions d'habitants vivant dans des zones urbaines fortement exposées aux risques d'inondation.

Toujours selon l'AFD, le projet prévoit des interventions à la fois structurelles et environnementales, allant de l'aménagement des canaux de drainage à la restauration de zones naturelles capables d'absorber les eaux de ruissellement. Il intègre également des actions sur l'accessibilité des quartiers, l'amélioration de l'accès aux services urbains de base – notamment la gestion des déchets solides – ainsi que le renforcement des outils de connaissance sur la vulnérabilité urbaine, afin d'anticiper et de réduire les impacts des aléas climatiques.

Répondre aux enjeux sociaux

En complément de ce prêt, deux conventions de subvention, d'un montant cumulé de 10 millions d'euros, soit environ 6,5 milliards de FCFA, ont été signées pour répondre à des enjeux sociaux et productifs. La première concerne un financement additionnel au Projet d'appui à la sécurité alimentaire dans les territoires ruraux du Cameroun (Secal). Lancé en 2024 pour une durée de trois ans, ce programme intervient dans six régions – le Centre, le Littoral, l'Ouest, le Nord, l'Extrême-Nord et le Sud-Ouest – avec pour objectif de renforcer les capacités de production et la résilience économique des acteurs ruraux. Selon les données publiées par l'AFD, le Secal avait déjà permis, en 2024, d'identifier plus de 8 400 entreprises rurales bénéficiaires, grâce à une enveloppe initiale de 16 millions d'euros, soit environ 10,5 milliards de FCFA.

La seconde subvention vise le renforcement des capacités des femmes entrepreneures dans les régions du Septentrion et de l'Est. D'après les informations officielles, ce financement s'inscrit en appui à la politique nationale de promotion de la femme, avec un accent particulier sur l'accès au financement, l'accompagnement technique et l'insertion économique dans des zones caractérisées par des vulnérabilités structurelles persistantes.

Les autres conventions signées le 21 janvier relèvent de mécanismes de financement public et budgétaire. Elles comprennent notamment l'affectation du troisième Contrat de désendettement et de développement (C2D), pour un montant de 28 millions d'euros, soit environ 18,3 milliards de FCFA, ainsi que des appuis budgétaires sectoriels pour la période 2026-2027 en faveur de la santé et de l'éducation de base. S'y ajoute le financement d'un projet dédié au renforcement de la décentralisation, avec un accent sur les infrastructures urbaines à travers le programme dit des " Capitales régionales ", orienté vers les voiries et les services urbains essentiels.

Le C2D demeure l'un des instruments centraux de la coopération financière entre Paris et Yaoundé. Mis en place en 2006, ce mécanisme repose sur la conversion d'une partie de la dette bilatérale camerounaise en ressources affectées à des projets de développement

 Perton Biyiha

 

Publié le 21/01/26 14:14

La Rédaction

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