La Cour constitutionnelle a homologué jeudi 27 août les résultats définitifs du Recensement général de la population et des logements. Le Gabon compte désormais 3 518 621 habitants, contre 1 811 079 en 2013, une progression de plus de 94 % en treize ans qui reflète autant une meilleure couverture territoriale, 97 % contre une base bien plus incomplète en 2013, qu'une croissance démographique réelle.
La répartition territoriale confirme cependant un déséquilibre qui jusque-là n'avait jamais été chiffré aussi précisément. L'Estuaire concentre à elle seule 2 184 908 habitants, soit 62,1 % de la population nationale, loin devant le Haut-Ogooué (297 100 habitants, 8,4 %), l'Ogooué-Maritime (292 652 habitants, 8,3 %) et le Woleu-Ntem (242 029 habitants, 6,9 %). La Nyanga ferme la marche avec 68 215 habitants, moins de 2 % du total.
La plus haute juridiction du pays a homologué ces chiffres sous réserve d'insuffisances reconnues. Plusieurs zones enclavées n'ont pas été entièrement couvertes faute de moyens de transport adaptés, et une anomalie méthodologique a été relevée dans le département de Ndougou, en Ogooué-Maritime, où les habitants ont été dénombrés par des équipes rattachées à la Nyanga voisine.
Ces données vont désormais servir de socle aux arbitrages budgétaires, de la clé de répartition des dotations aux provinces au calibrage des investissements publics dans les infrastructures, la santé, l'éducation et les transports. Un rééquilibrage partiel des enveloppes vers les provinces les moins peuplées, mais riches en ressources extractives, testera par ailleurs la volonté des autorités de traduire la statistique en politique économique.
Le redécoupage électoral annoncé par le vice-président du gouvernement Hermann Immongault aura lui aussi des implications économiques indirectes, dans la mesure où le poids politique de l'Estuaire conditionnera les priorités d'investissement des prochaines années. Une carte des circonscriptions calquée sur le poids démographique brut risquerait de renforcer la concentration des capitaux publics déjà observée autour de Libreville, au détriment des provinces productrices de rente qui pèsent peu dans les urnes.
Publié le 28/08/26 18:08
La Rédaction
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CEMAC