Dans une initiative marquante visant à assainir les finances publiques et à améliorer le climat des affaires, le président Brice Clotaire Oligui Nguema, a ordonné une réforme radicale du système de perception des recettes publiques. Désormais, le Trésor public gabonais s'impose comme l'unique entité habilitée à collecter l'ensemble des ressources fiscales et parafiscales du pays. Cette décision fait suite à une réunion d'urgence convoquée à la Présidence de la République, réunissant les directeurs généraux des principales administrations financières et sectorielles (AGASA, AGANOR, DGCC, Forêts, Environnement) ainsi que la municipalité de Libreville.
Le constat dressé est sans équivoque : prolifération de taxes illégales, opacité généralisée dans la traçabilité des fonds collectés et chevauchement permanent des contrôles administratifs. Jusqu'à présent, de nombreuses agences sectorielles profitaient d'un flou juridique pour lever des taxes parafiscales qui alimentaient directement leurs budgets de fonctionnement, échappant ainsi au contrôle direct de l'ordonnateur principal de l'État.
Pour couper court à ces dérives, la Présidence impose désormais une série de réformes à application immédiate. La première s'articule autour de la légalité budgétaire, actant ainsi le fait que Toute taxe ou redevance non inscrite dans la Loi de finances est purement et simplement supprimée. L'autre réforme et non des moindres, acte le Trésor public comme unique dépositaire des fonds collectés, privant les administrations de leurs caisses de recettes autonomes.
Par ailleurs, un cadre conjoint va être déployé pour basculer l'ensemble des paiements vers des solutions numériques intégrées au Trésor, limitant drastiquement les risques de corruption. Selon des sources internes, cette mesure est doublement stratégique. D'une part, elle répond aux doléances historiques du secteur privé gabonais, asphyxié par une pression fiscale indirecte qui plombait la compétitivité des entreprises, de l'autre, en rationalisant ces prélèvements qui pèsent sur la chaîne logistique et commerciale, Libreville actionne un levier central de sa politique de lutte contre la cherté de la vie.
Idrissa Diakité
Publié le 21/05/26 12:37
La Rédaction
SN
CEMAC