Le Gabon affiche un taux de chômage de 20,2% en 2025 selon les estimations de l'Organisation Internationale du Travail et de la Banque mondiale, le plaçant au cinquième rang des pays africains les plus touchés. Ce chiffre coexiste avec une économie en croissance, ce qui pousse les autorités et les institutions financières internationales à identifier plusieurs secteurs jugés porteurs pour absorber une main-d'œuvre en expansion rapide.
L'agroalimentaire figure en tête de ces relais. La Banque africaine de développement souligne que le PIB non pétrolier gabonais progresse notamment grâce au dynamisme du secteur agricole, porté par le bois et l'huile de palme, un segment à forte intensité de main-d'œuvre par rapport aux industries extractives qui dominent traditionnellement l'économie du pays.
Le BTP constitue un second axe. Ce secteur a enregistré une croissance de 6,2% en 2024, tirée par le raffermissement de l'investissement public et privé. Les grands chantiers d'infrastructures, associés à la relance de la construction résidentielle et commerciale à Libreville et dans les provinces, offrent un potentiel d'emplois directs et indirects que les industries capitalistiques ne peuvent égaler.
Le tourisme et le numérique complètent ce tableau. Le premier reste largement sous-exploité malgré les atouts naturels du pays, notamment ses parcs nationaux, tandis que le second bénéficie d'une dynamique régionale portée par la ZLECAf et l'émergence de plateformes numériques locales dans des secteurs aussi variés que la mobilité, le commerce ou les services financiers.
Pour les autorités, il faut désormais traduire cette identification en politiques concrètes de formation et de financement, alors que le déficit structurel entre demandeurs d'emploi et postes disponibles dépasse 10 000 opportunités par an selon le Programme national de promotion de l'emploi. Sans convergence entre les formations dispensées et les besoins réels de ces secteurs, la diversification affichée restera un objectif macroéconomique sans traduction sociale immédiate.
Idrissa Diakité
Publié le 28/08/26 11:27
La Rédaction
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