Le Gabon veut désormais empêcher la sortie de son iboga et de ses dérivés. Lors de la rencontre gouvernementale du 18 septembre 2026, un projet de décret interdisant leur exportation, sous quelque forme que ce soit, par toute personne physique ou morale, a été adopté. L'exécutif justifie cette mesure par la protection de la ressource végétale, du patrimoine culturel et des savoirs traditionnels qui lui sont associés. Les contrevenants s'exposeront aux sanctions prévues par les législations pénale, forestière et douanière.
Cette décision est annoncée alors que l'iboga gabonais suscite un intérêt croissant dans la recherche pharmaceutique internationale. Le 10 septembre, Filament Health a annoncé préparer un programme de stabilité pour IBEX011, son candidat-médicament expérimental à base d'ibogaïne d'origine naturelle. L'entreprise affirme vouloir répondre à une demande croissante d'ibogaïne standardisée et produite selon les bonnes pratiques de fabrication pour les besoins de la recherche clinique.
L'entreprise américaine indique avoir réalisé en mai 2023 l'importation de racines de Tabernanthe iboga provenant du Gabon vers son centre de recherche et développement de Metro Vancouver, au Canada. L'opération avait été réalisée dans le cadre du Protocole de Nagoya et d'un accord de partage des avantages. Cette matière végétale a ensuite été utilisée pour développer un extrait standardisé d'iboga à alcaloïdes totaux, aujourd'hui désigné sous le nom d'IBEX011.
Il ne s'agit toutefois pas encore d'un médicament commercialisé. IBEX011 reste un candidat-médicament expérimental et n'a pas été autorisé pour une utilisation dans des essais cliniques. L'ibogaïne n'est par ailleurs approuvée comme médicament ni par la Food and Drug Administration américaine ni par Santé Canada. L'intérêt scientifique pour cette molécule progresse néanmoins, notamment autour des troubles liés à l'usage de substances, sans qu'il soit possible à ce stade de préjuger de l'issue des recherches en cours.
Ce nouveau décret pris par les autorités gabonaises change surtout les conditions d'accès futur à cette matière première. En interdisant l'exportation de l'iboga et de l'ensemble de ses dérivés, le gouvernement cherche à conserver davantage de contrôle sur une ressource dont des applications pharmaceutiques sont désormais étudiées à l'étranger. Le texte ne précise toutefois pas encore les capacités de transformation que le pays compte développer localement, le traitement réservé à la recherche scientifique ou les conséquences pour les accords déjà conclus. Ces précisions seront déterminantes pour mesurer la portée économique réelle de l'interdiction.
Publié le 21/09/26 14:52
La Rédaction
SN
CEMAC