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Pays en développement : La dette extérieure atteint un niveau historique de 9 400 milliards USD en 2025, en hausse de 5,5%

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L'accès aux marchés internationaux se rouvre, mais à quel prix ? En 2025, la dette extérieure des pays en développement a progressé de 5,5% pour atteindre 9 400 milliards de dollars, selon le Rapport sur la dette internationale 2026 de la Banque mondiale, publié le 5 novembre. Il s'agit de sa plus forte hausse depuis 2021, révélatrice d'un recours accru aux capitaux extérieurs dans un environnement financier toujours coûteux.

Les créanciers privés ont largement alimenté cette dynamique. Les émissions obligataires des entités publiques ont bondi de près de 35% à 251 milliards de dollars, leur plus haut niveau en 5 ans. Plusieurs gouvernements ont profité du retour des investisseurs pour refinancer leurs engagements arrivant à échéance. Une opération qui permet d'étaler les remboursements dans le temps, mais ne réduit pas nécessairement l'encours de dette et peut même alourdir son coût.

Les économies les plus fragiles paient le prix fort

La situation est particulièrement préoccupante pour les pays les plus vulnérables. Dans les économies éligibles aux financements concessionnels de l'Association internationale de développement (IDA), la dette extérieure a augmenté de 8,1% pour atteindre 1 300 milliards de dollars.

Surtout, le coût des nouveaux emprunts privés y atteint des sommets. En 2025, ces pays ont supporté un taux d'intérêt moyen de 8,2% sur leurs nouveaux engagements privés, le niveau le plus élevé depuis 1989, et de 9,4% sur leurs nouvelles émissions obligataires. À titre de comparaison, les pays relevant de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) ont emprunté à 5,5% en moyenne sur les marchés obligataires.

Cette différence de coût accentue les inégalités d'accès aux financements. L'écart entre les taux appliqués aux emprunts privés et publics des pays éligibles à l'IDA est ainsi passé de 3,4 points en 2016 à 5,5 points en 2025.

1 400 milliards USD absorbés par le service de la dette

La facture du remboursement continue parallèlement de s'alourdir. Les pays à revenu faible et intermédiaire ont déboursé 1 400 milliards de dollars en principal et intérêts en 2025, soit une hausse de 1,9% et une cinquième progression annuelle consécutive. Les seuls paiements aux détenteurs d'obligations ont atteint 363 milliards de dollars.

Sur la période 2022 à 2025, ces économies ont versé 436 milliards de dollars de plus au titre du service de leur dette qu'elles n'ont reçu de nouveaux financements. Un déséquilibre qui révèle la pression exercée sur leurs ressources budgétaires, au détriment potentiel des investissements dans la santé, l'éducation et les infrastructures.

Un signe d'amélioration apparaît toutefois en 2025 : les flux nets de dette à long terme sont redevenus positifs, à 45 milliards de dollars, après des sorties nettes de 118 milliards en 2024. Cette inversion traduit un retour des financements, sans pour autant effacer le poids des engagements accumulés.

Enfin, les fluctuations monétaires ont contribué à gonfler l'endettement déclaré. Sur les 303 milliards de dollars d'augmentation de la dette publique et garantie par l'État, plus d'un quart provient de l'affaiblissement du dollar, qui renchérit mécaniquement, en valeur américaine, les engagements libellés dans d'autres devises.

Pour Haishan Fu, statisticienne en chef de la Banque mondiale, le retour des prêteurs privés constitue une évolution positive, mais les pays concernés empruntent désormais davantage à des conditions plus onéreuses, au risque de sacrifier leur développement à long terme.

Publié le 06/11/26 10:50

Dr Ange Ponou

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