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Gabon : Après 20 ans de débets, 600 débiteurs sous ultimatum de 30 jours pour restituer 1 700 milliards FCFA

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Le compte à rebours est lancé. Quelque 600 personnes physiques et morales disposent désormais de 30 jours pour restituer les sommes qui leur sont réclamées au titre de débets et d'amendes accumulés depuis une vingtaine d'années. L'ultimatum a été fixé le 7 septembre 2026 par le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Ministres, comptables publics, maires, présidents de départements et chefs d'entreprises figurent parmi les profils concernés. Passé le 7 octobre, les dossiers pouvant relever d'infractions pénales pourraient être portés devant la Cour criminelle spécialisée.

Au total, la Cour des comptes chiffre à près de 1 700 milliards FCFA les sommes à recouvrer. Un montant hors norme, mais qui mérite une distinction : il ne correspond pas à 1 700 milliards détournés en une seule affaire, encore moins à de l'argent déjà récupéré par l'État. Il s'agit d'un stock de débets et d'amendes constitué au fil des décisions rendues sur près de vingt ans. La juridiction financière fait état de 368 missions engagées, avec un taux d'exécution de 89,40 %, notamment dans la sécurité sociale, les évacuations sanitaires et le Fonds des Gabonais économiquement faibles.

À lui seul, ce stock donne une idée de ce que représente l'enjeu pour les finances publiques. Les 1 700 milliards FCFA équivalent à près de sept fois les quelque 247 milliards FCFA dus au FMI. Si l'État parvenait, cas de figure maximal, à récupérer l'intégralité des sommes et décidait de les affecter à cette dette, la facture envers l'institution de Washington pourrait être soldée et il resterait encore environ 1 453 milliards FCFA. Une comparaison qui permet surtout de mesurer l'ordre de grandeur, puisque rien ne garantit aujourd'hui que la totalité des créances soit recouvrable.

Rapportés à la dette publique, les chiffres sont tout aussi significatifs. L'encours gabonais dépassait 8 500 milliards FCFA à fin 2025. Les 1 700 milliards réclamés en représentent donc environ un cinquième. Même récupérer seulement une partie du stock produirait des montants importants : 170 milliards FCFA à 10 %, 425 milliards à 25 % et 850 milliards à 50 %. Dans un contexte où le poids du service de la dette réduit les marges de manœuvre budgétaires, chaque fraction effectivement encaissée compterait.

Et c'est là que commence le véritable test. Prononcer des débets et des amendes est une chose ; faire revenir l'argent dans les caisses publiques en est une autre. Le 7 octobre, l'attention se portera donc moins sur les 1 700 milliards annoncés que sur la somme effectivement récupérée auprès des 600 débiteurs. Après vingt ans d'accumulation, le succès de l'opération se mesurera désormais en FCFA réellement encaissés par le Trésor.

Le compte à rebours ne concerne donc pas seulement les 600 débiteurs. Il engage aussi l'administration chargée de transformer ces décisions en recouvrements effectifs. Après vingt ans d'accumulation, l'État peut difficilement se contenter d'un nouvel ultimatum sans résultats mesurables. Au 7 octobre, il faudra dire combien a été encaissé, combien reste à recouvrer, qui n'a pas payé et quelles procédures ont réellement été engagées contre les récalcitrants. À défaut, les 1 700 milliards FCFA risquent de rester ce qu'ils sont aujourd'hui à savoir: une créance spectaculaire sur le papier, mais sans effet sur les caisses publiques.

Idrissa Diakité

Publié le 07/09/26 11:59

La Rédaction

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