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Gabon : Après 3 ans d’investissements, Oligui Nguema place désormais l’efficacité de la dépense au centre de l’équation

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Après trois années marquées par la multiplication des chantiers et des investissements publics, Brice Clotaire Oligui Nguema commence à déplacer le curseur vers une autre question, liée à au rendement de l'argent dépensé par l'État. Dans son discours du 30 août 2026, le président n'a pas renoncé à l'investissement, annonçant notamment 44 milliards FCFA pour renforcer le plateau technique national, 6 milliards pour la réouverture des restaurants hospitaliers et 5 milliards supplémentaires pour les prestations de la CNAMGS. Mais ces 55 milliards FCFA sont immédiatement accompagnés d'une exigence : " Aussi, en retour, j'attends de vous une meilleure qualité de service. "

Le secteur de la santé offre l'illustration la plus nette de cette évolution. L'État entend continuer à financer les équipements et le fonctionnement des établissements, mais veut simultanément renforcer le contrôle des ressources qu'ils génèrent. " Chaque franc généré par un établissement de santé doit être retracé et employé avec rigueur ", exige le président Oligui Nguema. Le gouvernement devra également travailler à l'harmonisation des quotes-parts issues des recettes propres générées par les structures hospitalières civiles et militaires. Au-delà des nouvelles enveloppes budgétaires, l'exécutif entend donc améliorer la gouvernance de l'argent déjà présent dans le système.

La même recherche d'efficacité traverse la Fonction publique où selon les premières conclusions de l'audit diligenté par le gouvernement, près de 62% des dossiers examinés dans le cadre de l'audit engagé sont " en situation irrégulière et attendent une décision de l'administration ", avec notamment de très nombreux cas d'abandon de poste. Le chiffre porte toutefois sur seulement deux mois de contrôle et un " périmètre limité " et ne peut donc être extrapolé à l'ensemble des agents publics. Mais l'exécutif veut aller au-delà de l'assainissement dans ce qui concentre plus de 952 milliards FCFA de dépenses annuelles. Avancements et reclassements doivent désormais davantage reposer sur " la compétence, le mérite, l'engagement et la qualité du service rendu ". Autrement dit, la question devient aussi celle du rendement de la dépense salariale de l'État.

Même inflexion dans le financement de l'entrepreneuriat. Après avoir créé la BCEG pour offrir aux jeunes Gabonais des conditions préférentielles de crédit, le pouvoir découvre la nécessité de protéger la capacité de financement de l'institution. " Certains bénéficiaires, qui ont pourtant reçu l'appui de l'État, refusent aujourd'hui d'honorer leurs engagements ", constate d'ailleurs Oligui Nguema. Les mécanismes de suivi et de contrôle doivent donc être renforcés et les manquements sanctionnés. L'exécutif entend donc renforcer la politique d'accès au crédit.

Santé, Fonction publique, entrepreneuriat : trois secteurs différents mais une même logique commence ainsi à apparaître. Après une première phase fortement tournée vers la mobilisation de ressources et les investissements, l'exécutif cherche davantage à lier financement, contrôle et résultat. L'État gabonais ouvre donc un chantier potentiellement plus difficile : démontrer que chaque franc supplémentaire produit effectivement davantage de service, d'activité ou de valeur.

Idrissa Diakité

Publié le 01/09/26 14:13

La Rédaction

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