L'émission de 920 millions de dollars structurée par AFG Capital et bouclée le 30 juillet ne referme pas l'enveloppe d'endettement externe que le Gabon s'est autorisée pour l'année. Le budget révisé promulgué le 17 juillet a fixé le plafond des emprunts internationaux à 1,5 milliard de dollars, soit 857,9 milliards FCFA. Avec 920 millions déjà mobilisés soit un peu plus de 523 milliards FCFA, la capacité résiduelle s'élève à environ 580 millions de dollars soit plus de 330 milliards FCFA, un montant qui prend un relief particulier si l'on considère que le mandat initialement confié à Société Générale, mentionné dans la loi de finances rectificative, n'a pas encore donné lieu à une opération distincte de celle structurée par AFG Capital.
Cette hypothèse d'une seconde émission s'inscrit dans un budget rectificatif par ailleurs très limité. Le service total de la dette financière du pays est évalué à 1 797 milliards FCFA pour l'exercice 2026, avec des charges d'intérêts révisées à la hausse de 16% par rapport au budget initial, à 487,6 milliards FCFA. Le besoin de financement global de l'État atteint 915,6 milliards FCFA sur l'année, dans un contexte de recettes budgétaires revues à la baisse de 22%. Cette pression budgétaire rend plausible l'activation prochaine du solde de l'enveloppe, plutôt que son abandon pur et simple.
La trajectoire de la dette publique explique l'enjeu. Fitch évalue la dette gabonaise à 79% du PIB pour 2026, après intégration de passifs auparavant non comptabilisés, tandis que Moody's projette une trajectoire pouvant approcher 88% du PIB à moyen terme. Le pays fait face à un mur de la dette, plus de 59,5% de l'encours arrivant à échéance sur 2026-2027, ce qui explique la volonté de Libreville de diversifier ses sources de financement, entre marché régional, eurobonds et financements adossés aux ressources pétrolières, à l'image du prêt Trafigura d'un milliard de dollars conclu en avril.
Si le schéma à deux tranches se confirme, une seconde opération portée par Société Générale sur les 580 millions de dollars restants, potentiellement sur une maturité plus longue proche des dix ans initialement inscrits au budget, interviendrait dans un calendrier resserré, avant la mission du FMI attendue à Libreville en septembre et l'objectif affiché de conclure un programme économique et financier avant la fin de l'année. L'activation ou non de ce second mandat, et ses conditions, donneront une indication déterminante sur la capacité du Gabon à boucler l'intégralité de son programme de financement externe 2026 dans un contexte de marché qui reste difficile pour sa signature.
Idrissa Diakité
Publié le 03/08/26 14:57
La Rédaction
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