La Gabon Oil Company (GOC) concentre désormais l'essentiel de l'endettement des grandes entreprises publiques examinées par la Banque mondiale. Dans sa Revue des Finances Publiques du Gabon 2026 : Améliorer les politiques budgétaires pour obtenir de meilleurs résultats pour les gabonais, l'institution fait apparaître, dans son tableau financier principal, 861,3 milliards FCFA de dette pour la GOC en 2024, contre 1 064 milliards FCFA pour l'ensemble des sept entités analysées. La compagnie pétrolière nationale porte ainsi à elle seule un peu plus de 80% de la dette recensée dans ce périmètre.
Cette montée de l'endettement accompagne l'expansion rapide de la GOC dans le secteur pétrolier. La Banque mondiale relie directement la structure financière du groupe aux acquisitions d'Assala Energy et de Tullow Oil en 2024, opérations qu'elle indique avoir été financées principalement par la dette. Cette stratégie a parallèlement changé l'échelle de la compagnie : ses produits ont atteint 571,3 milliards FCFA en 2024 et son résultat net 49,1 milliards FCFA, avec 484,8 milliards FCFA de capitaux propres.
La GOC reste donc bénéficiaire, mais son effet de levier s'est fortement accru. La Banque mondiale estime son ratio dette sur fonds propres à 1,8 et considère ce niveau comme une source de vulnérabilité face à une baisse des cours du pétrole ou au déclin progressif des réserves. Le rapport rappelle par ailleurs que la compagnie a été utilisée comme principal véhicule des acquisitions pétrolières de l'État, ce qui transforme progressivement une entreprise autrefois relativement peu endettée en l'un des principaux porteurs de dette du secteur public.
Une trajectoire qui peut également avoir des conséquences sur les recettes de l'État. La Banque mondiale estime que le niveau élevé d'endettement de la GOC pourrait réduire sa capacité à maintenir ses versements de dividendes. Elle chiffre à 85 milliards FCFA les dividendes attendus de la compagnie en 2024 exposés à ce risque. Autrement dit, la question n'est pas seulement celle du remboursement de la dette, elle concerne aussi la capacité de la GOC à continuer de générer des liquidités pour le budget tout en finançant les acquisitions qui ont considérablement élargi son périmètre.
Pour la suite, la Banque mondiale estime que les perspectives de la GOC dépendront surtout de sa capacité à absorber le poids de cette dette tout en continuant à générer des bénéfices et des dividendes pour l'État. L'institution souligne que son niveau d'endettement élevé peut réduire sa marge de manœuvre financière et l'exposer davantage aux variations des cours du pétrole ainsi qu'au déclin progressif de la production. L'enjeu sera donc de transformer cette montée en puissance en revenus durables, sans que le service de la dette ne pèse excessivement sur ses capacités d'investissement et sur les dividendes versés à l'État.
Idrissa Diakité
Publié le 01/10/26 14:42
La Rédaction
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