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Gabon : BGFIBank a capté 72 % des nouveaux crédits au premier trimestre 2025

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Les dernières données publiées par la Banque des États de l'Afrique Centrale confirment un basculement sans précédent du marché du crédit au Gabon. Au premier trimestre 2025, BGFIBank concentre à elle seule 71,29 % des crédits nouvellement octroyés, contre 23,43 % un an plus tôt. En l'espace de douze mois, le groupe bancaire dirigé par Henri Claude Oyima a donc absorbé l'essentiel du flux de nouveaux financements, dans un marché qui apparaissait encore relativement équilibré début 2024.

Ce contraste est d'autant plus frappant qu'au premier trimestre 2024, la hiérarchie était totalement inversée. La BICIG dominait alors l'offre de crédit avec 35,24 % de part de marché, devant l'UGB (27,19 %), tandis que BGFIBank ne se positionnait encore qu'au troisième rang. Un an plus tard, cette structure a volé en éclats puisque la BICIG chute à 6,39 %, l'UGB à 7,32 %, et UBA devient quasi marginale avec 0,46 % des nouveaux crédits accordés sur la période.

Cette hyper-concentration indique que BGFIBank a capté la quasi-totalité des financements de grande taille mis en place au début de l'année 2025, dont les 100 milliards FCFA visant à financer la construction des 83 kilomètres de la route Ntoum-Cocobeach. En outre, selon les données de la banque centrale, le volume global des nouveaux crédits accordés au Gabon au premier trimestre 2025 s'est élevé à 761,9 milliards FCFA, contre 515,8 milliards FCFA un an plus tôt. À elle seule, la part de marché de BGFIBank représenterait donc plus de 540 milliards de FCFA de nouveaux concours bancaires sur le trimestre, illustrant un positionnement très offensif sur les dossiers structurants.

Cette nouvelle hiérarchie traduit une prise de leadership nette sur le flux de nouveaux financements, souvent liés aux grands projets publics, parapublics ou aux secteurs stratégiques comme les hydrocarbures et les infrastructures. À l'inverse, le retrait relatif des autres établissements semble refléter des contraintes prudentielles plus fortes, une gestion plus restrictive du risque ou une exposition déjà élevée. Pour le système bancaire gabonais, ces chiffres dessinent ainsi un paysage à deux vitesses, où la capacité à structurer et porter de gros tickets devient un facteur de différenciation nette.

Idrissa Diakité

Publié le 22/01/26 10:37

La Rédaction

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