Après quatre jours de paralysie, la Compagnie minière de l'Ogooué (Comilog) redémarre ses activités. Le mouvement de grève lancé par les employés, faute d'accord sur une revalorisation salariale, vient de prendre fin grâce à une intervention du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Le 9 mars, une délégation syndicale a été reçue par le cabinet du Chef de l'État. " Nous avons enfin obtenu un canal direct de dialogue avec le Président ", s'est réjoui Brice Ngomanda, porte-parole des six syndicats de Comilog.
Encouragés par cette ouverture, les représentants syndicaux ont décidé de suspendre le mouvement dès le 10 mars à minuit. Ce matin, les machines de Comilog, le géant gabonais du manganèse tournaient de nouveau. Si les contours d'un accord restent à préciser, les syndicats se disent satisfaits de cette avancée. Une assemblée générale doit être organisée prochainement pour informer les travailleurs des conclusions des discussions avec le Président de la République.
À l'origine, les syndicats réclamaient une augmentation de 100 000 FCFA pour tous les employés, une demande jugée irréaliste par la direction, qui proposait plutôt des hausses échelonnées entre 10 000 et 30 000 FCFA. Devant l'impasse, les négociations se sont enlisées, jusqu'à la rupture. Un protocole de médiation, signé sous l'égide du ministère du Travail le 30 décembre 2024, devait permettre de trouver un terrain d'entente en deux mois. Mais au 27 février, date de son expiration, aucun compromis n'avait émergé. Frustrés, les syndicats ont enclenché la grève, malgré un processus de médiation toujours en cours, comme l'a rappelé Aunel Loumba, directeur de la communication de Comilog.
Les conséquences économiques ont été immédiates et sévères. D'après la direction de l'entreprise, chaque jour d'arrêt a coûté 2 milliards FCFA (3 millions d'euros) à l'entreprise, mettant en péril des milliers d'emplois dans la province du Haut-Ogooué. Par ailleurs, la satisfaction des revendications syndicales aurait représenté une charge mensuelle supplémentaire de 12 milliards de FCFA (environ 18,3 millions d'euros), selon les calculs de l'administration.
Publié le 11/03/25 14:28
La Rédaction
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CEMAC