L'État gabonais a obtenu l'autorisation de contracter un emprunt de 85,078 milliards FCFA auprès de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement pour financer le Projet d'accès aux services de base et d'amélioration des performances. L'accord, signé le 26 août 2026, porte sur vingt ans, avec cinq ans de différé et un taux variable estimé à 4,79 %. Le financement doit principalement soutenir les secteurs de l'eau potable, de l'assainissement et de l'électricité.
Le programme vise d'abord les réseaux. La Banque mondiale prévoit l'extension de l'accès à l'eau courante et à l'électricité, l'amélioration de la fiabilité des installations existantes et le déploiement d'infrastructures adaptées aux zones périurbaines et rurales. Près de 535 000 personnes doivent bénéficier directement ou indirectement de ces investissements. La Banque mondiale justifie l'intervention par des écarts persistants entre villes et campagnes : 90% d'accès à l'eau et 94 %à l'électricité en milieu urbain, contre seulement 55 % et 29 % respectivement dans les zones rurales.
Une partie des financements doit également améliorer les performances techniques et commerciales du secteur. Le projet prévoit notamment des outils de comptage et de suivi des consommations, dont des compteurs intelligents, afin de mieux mesurer les volumes distribués, réduire les pertes et renforcer la facturation. Le programme doit parallèlement soutenir la modernisation institutionnelle et financière de la Société d'énergie et d'eau du Gabon, explicitement mentionnée dans le communiqué gouvernemental.
Les investissements comportent aussi une dimension énergétique et climatique. La Banque mondiale indique que le projet privilégiera des infrastructures résilientes et des solutions à faible émission de carbone, notamment dans les zones rurales et périurbaines. Le financement doit donc associer extension des réseaux électriques, solutions solaires et équipements permettant de réduire le coût et la vulnérabilité de l'approvisionnement. Côté assainissement, l'intervention doit répondre à l'absence presque totale d'infrastructures de traitement des boues de vidange relevées par la Banque mondiale.
Le prêt s'inscrit dans un contexte où le gouvernement multiplie parallèlement les investissements dans ces mêmes secteurs. À Port-Gentil, le communiqué du 18 septembre prévoit notamment l'extension des capacités de production et de distribution d'eau et d'électricité, deux nouvelles centrales thermiques apportant 50 mégawatts supplémentaires dans les prochains mois et une nouvelle station de pompage et de traitement de l'eau à environ 50 kilomètres de la ville. Le financement de la Banque mondiale constitue l'une des principales briques d'un programme national destiné à augmenter les capacités, moderniser les réseaux et améliorer les performances opérationnelles du secteur.
Idrissa Diakité
Publié le 22/09/26 09:11
La Rédaction
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