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RDC : Les données des téléphones portables exploitées pour freiner l’épidémie d’Ebola

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Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé publiquement le recours aux données anonymisées issues des téléphones portables pour suivre la mobilité de la population et freiner l'épidémie d'Ebola qui sévit dans le pays.

Décelée en mai 2026, cette vague épidémique causée par la souche Bundibugyo touche désormais six des 26 provinces congolaises, affichant au 12 septembre 2026 un bilan lourd de 7 200 cas confirmés et 3 475 décès. Pour limiter les risques de contamination, les autorités s'appuient sur l'organisation suédoise à but non lucratif Flowminder, qui étudie les informations relatives aux appels, aux SMS et à Internet afin de repérer les mouvements d'usagers vers des villes clés comme Kinshasa et Kisangani.

Big data et santé

Cette approche technologique n'est pas nouvelle en RDC, puisqu'elle avait déjà aidé à gérer la pandémie de COVID-19, à orienter les secours après l'éruption du mont Nyiragongo en 2021 et à organiser le calendrier de vaccination.

L'usage stratégique de la téléphonie mobile face aux urgences sanitaires sur le continent africain s'inscrit dans la continuité des pratiques observées lors d'autres crises majeures. Dans un ouvrage intitulé ‘'Big Data & Analytics en Afrique'', le spécialiste français Jean-Michel Huet met également en lumière l'utilisation faite des données télécoms anonymisées pour modéliser les itinéraires des habitants durant l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest entre 2014 et 2015.

En enregistrant l'activité des téléphones cellulaires auprès des antennes-relais, les experts parviennent à tracer les grands axes de circulation des personnes et à anticiper les futurs foyers d'infection. Cette modélisation permet aux équipes médicales d'intervenir plus rapidement dans les zones exposées avant la multiplication des cas.

Toutefois, l'opération actuelle en RDC se heurte à une limite importante, car seul l'opérateur Vodacom Congo fournit ses informations pour le projet. Bien qu'il soit le leader du marché national, il ne rassemble que 35% des abonnés mobiles, le reste des usagers étant partagé entre Orange, Airtel et Africell. Cette couverture partielle restreint la visibilité globale sur la totalité des flux de déplacements à travers le territoire.

Qu'à cela ne tienne ! Malgré cette couverture incomplète, ces données scientifiques apporteront des indications précieuses pour orienter la riposte sanitaire sur le terrain. L'histoire récente montre d'ailleurs que les opérateurs concurrents avaient su unir leurs forces en 2020 en partageant gratuitement leurs statistiques face au COVID-19.

Une mobilisation similaire de l'ensemble des réseaux télécoms permettrait aux autorités sanitaires d'obtenir une cartographie exacte de la mobilité humaine, offrant ainsi un espoir concret pour freiner la propagation de la maladie à virus Ebola.

Paralyse économique

Au-delà de l'enjeu technologique, la crise affecte durement les activités économiques locales, particulièrement à Bunia, l'un des épicentres de l'épidémie. Selon les médias locaux, la peur du virus et l'arrêt du transport aérien entraînent la désertion des commerces, restaurants et lieux de loisirs.

Malgré l'application stricte des gestes barrières et de la désinfection, la clientèle se fait rare. Les commerçants enregistrent une baisse drastique de leurs revenus quotidiens, peinant désormais à dépasser 30 000 francs congolais contre 50 000 habituellement. Cette paralysie des flux contraint de nombreux établissements au licenciement ou à la fermeture, plongeant la population locale dans une précarité grandissante.

Anselme Akéko

Publié le 22/09/26 13:25

La Rédaction

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