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Gabon : Dusk et le chinois ENFI préparent 2 milliards de dollars d'investissements pour relancer le gisement de Mabounié

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En 2022, Eramet rétrocédait à l'État gabonais le gisement de Mabounié, après des années de recherches restées sans débouché industriel. Quatre ans plus tard, ce même gisement de niobium et de terres rares est au centre d'un projet estimé à 2 milliards de dollars, soit environ 1 150 milliards FCFA. Le groupe d'ingénierie chinois ENFI accompagne désormais Dusk Gabon, filiale de New Energy Metals, dans la préparation d'un complexe de six à sept usines capables de produire neuf produits finis. Le 6 novembre 2026, les dirigeants d'ENFI ont présenté au président Brice Clotaire Oligui Nguema, en visite d'État en Chine, un calendrier prévoyant le démarrage des travaux dès 2027. Une nouvelle étape pour un gisement dont les ressources sont connues depuis plusieurs décennies, mais dont l'exploitation commerciale reste à concrétiser.

L'histoire de Mabounié explique l'importance de cette nouvelle étape. Le gisement a été étudié pendant de nombreuses années par Eramet et sa filiale Comilog, qui avaient développé des procédés métallurgiques destinés à valoriser le niobium, les terres rares et d'autres minerais stratégiques. Plusieurs études techniques avaient été conduites entre 2000 et 2016, sans permettre le lancement d'une exploitation commerciale. Les difficultés portaient notamment sur la complexité du traitement du minerai, les coûts industriels et les perspectives de rentabilité. En novembre 2022, Eramet et Comilog ont signé un accord de rétrocession du projet à l'État gabonais. En 2023, les autorités recherchaient encore un repreneur capable de mobiliser les ressources financières et techniques nécessaires à sa relance.

Le projet a retrouvé un opérateur à la fin de l'année 2024, lorsque New Energy Metals, à travers sa filiale Dusk Gabon, a conclu un accord avec l'État pour accélérer son développement. Les travaux engagés en 2025 ont notamment porté sur l'actualisation des études de faisabilité et le choix des solutions techniques. Selon les données publiées par Dusk, le gisement renfermerait environ 2,3 millions de tonnes d'oxyde de niobium et 2 millions de tonnes d'oxydes de terres rares, sur la base des évaluations de ressources du promoteur. Les scénarios industriels étudiés prévoient l'extraction de 3 millions de tonnes de minerai par an et leur concentration à hauteur de 1,5 million de tonnes, avant séparation des différents métaux. Le dimensionnement définitif des unités reste soumis aux études de faisabilité.

L'arrivée d'ENFI ajoute désormais une expertise chinoise à ce projet développé par des investisseurs établis aux Émirats arabes unis. Les installations envisagées devront assurer plusieurs opérations industrielles successives, depuis le traitement du minerai jusqu'à la production de matériaux commercialisables. Le niobium est notamment utilisé dans les aciers à haute performance, tandis que certaines terres rares entrent dans la fabrication d'aimants permanents et d'équipements technologiques. Le projet devra également disposer d'importantes capacités d'approvisionnement énergétique, d'installations de traitement chimique et de moyens logistiques adaptés. Dusk avait déjà identifié la localisation des unités hydrométallurgiques, les infrastructures portuaires et la gestion des résidus comme des paramètres importants dans la préparation de l'investissement.

Les annonces du 6 novembre donnent un nouvel horizon à un projet dont la relance a mobilisé plusieurs générations d'investisseurs. Les études industrielles doivent désormais conduire à des décisions sur la construction des usines, le financement et les infrastructures nécessaires à leur fonctionnement. Sur son site officiel, Dusk présente des objectifs de faisabilité de 14 500 tonnes annuelles de niobium contenu et de 14 000 tonnes de terres rares séparées. Ces projections portent sur des catégories de produits distinctes et ne peuvent être directement comparées aux 16 000 tonnes annoncées lors de l'audience présidentielle du 6 novembre. Les promoteurs envisagent également plusieurs milliers d'emplois directs et indirects. Avec 2 milliards de dollars d'investissements projetés et un démarrage des travaux envisagé en 2027, Mabounié entre dans une phase de préparation industrielle, dont les premières réalisations physiques, les contrats de construction et les financements effectivement conclus seront les prochains indicateurs d'avancement.

Idrissa Diakité

Publié le 06/11/26 17:55

La Rédaction

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