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Gabon : Endettée à hauteur de 4 milliards FCFA, la CNNII mise sur les conteneurs et les véhicules pour reconstruire ses recettes

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La Compagnie nationale de navigation intérieure et internationale (CNNII) cherche désormais dans le fret les recettes susceptibles de soutenir son redressement. Lors de son Comité de direction élargi de septembre, l'armateur national a inscrit parmi ses priorités la révision de sa grille tarifaire et le développement des segments considérés comme rentables, notamment le transport de conteneurs et de véhicules. Cette orientation intervient alors que la compagnie porte encore une dette sociale évaluée à 4 milliards FCFA, selon les données communiquées par l'Agence gabonaise de presse.

La situation financière reste d'autant plus délicate que la CNNII revendique parallèlement une créance de 2,8 milliards FCFA sur l'État au 13 juillet 2026, dont 2,4 milliards liés au rachat bancaire. Ces deux postes représentent donc 6,8 milliards FCFA, même s'ils ne peuvent être additionnés pour déterminer une dette nette sans disposer de l'ensemble du bilan de la compagnie. La direction a également placé la maîtrise des charges, l'augmentation des recettes et la certification des comptes parmi les chantiers financiers à traiter.

Le développement du fret répond surtout à la nécessité de reconstruire un modèle économique fortement dégradé. Alexis Mpiga Okoumba, directeur général depuis 2024, affirme avoir trouvé à son arrivée une compagnie sans navires propres, sans conteneurs, chariots élévateurs, ponts-bascules ni remorques, mais également sans recettes et sans comptes certifiés. Le passif social comprenait notamment 17 mois d'arriérés de salaires accumulés entre 2019 et 2023. Entre le 27 juin et le 30 juillet 2026, trois mois de salaires ont été versés, tandis qu'une convention doit permettre de traiter cinq mois supplémentaires correspondant à décembre 2025-avril 2026 ainsi que les 17 mois antérieurs. Ces indications proviennent de la direction de la CNNII et décrivent donc sa propre évaluation de la situation.

La relance des conteneurs et des véhicules peut modifier l'équation en apportant à la compagnie des flux commerciaux plus réguliers que le seul transport de passagers. La CNNII affirme également avoir repris des activités de fret entre Libreville et Port-Gentil grâce à l'affrètement de l'Elobey VI. Mais la rentabilité de cette stratégie devra être appréciée à partir de nouveaux indicateurs financiers : chiffre d'affaires, volumes transportés, taux de remplissage, coûts d'affrètement, marge par traversée et recettes générées par chaque segment.

Au regard de ces éléments, le redressement financier espéré par l'armateur national se jouera donc sur sa capacité à transformer le fret en trésorerie récurrente. Le projet de transformation de la CNNII en établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), prévu dans le projet de loi du 25 juin 2026 et encore en attente d'examen parlementaire au moment du CODIR, doit parallèlement redéfinir son cadre juridique. Entre 4 milliards FCFA de dette sociale, une grille tarifaire à revoir et des investissements logistiques à financer, les conteneurs et les véhicules deviennent ainsi moins un simple axe de diversification qu'un test de viabilité du nouveau modèle économique de la compagnie.

Publié le 17/09/26 12:10

La Rédaction

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