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Gabon : Entre dette intérieure et crédit bancaire, l’État tente de redonner de l’oxygène aux entreprises

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Après plusieurs mois de tensions sur les trésoreries, l'État gabonais remet l'apurement de la dette intérieure au centre de son soutien au secteur privé. Une enveloppe de 51 milliards FCFA vient d'être annoncée au profit des entreprises, dont 21 milliards pour régler 1 478 ordonnances de paiement couvrant la période 2022-2026 et 30 milliards en faveur d'opérateurs des filières forêt-bois et mines. Ces paiements doivent notamment permettre aux entreprises concernées de faire face à leurs engagements courants et de retrouver des capacités d'investissement.

L'opération intervient après un début d'année marqué par une progression limitée du financement bancaire du secteur privé. À fin février, les créances sur les entreprises et autres acteurs privés s'établissaient à 2 132,5 milliards FCFA, contre 2 121,8 milliards à fin décembre 2025. En deux mois, l'augmentation n'était donc que de 10,7 milliards FCFA, soit environ 0,5 %. Entre janvier et février, le mouvement était même négatif avec les crédits au privé qui avaient reculé de 45,8 milliards. Cette photographie permet de mesurer l'importance que peut prendre le paiement des créances publiques pour des entreprises dont les possibilités de financement ne reposent pas uniquement sur le crédit bancaire.

Mais l'État doit lui-même composer avec une contrainte financière importante. En février, les créances nettes du système bancaire sur le secteur public atteignaient 2 294,1 milliards FCFA, soit environ 162 milliards de plus que les crédits accordés au secteur privé. Dans le même temps, la position nette du gouvernement vis-à-vis du système financier ressortait à environ 2 360,6 milliards FCFA. Ces ordres de grandeur montrent l'imbrication croissante entre finances publiques et système bancaire : lorsque l'État accumule des engagements envers ses fournisseurs, leur trésorerie se détériore ; lorsqu'il les règle, il doit parallèlement trouver les ressources nécessaires au financement de ses propres besoins.

Or cette recherche de ressources va se poursuivre au second semestre. Le budget révisé fixe désormais le besoin global de financement de 2026 à 915,6 milliards FCFA et prévoit 424,9 milliards FCFA de titres du Trésor sur le marché domestique. Les charges d'intérêts ont parallèlement été relevées à 487,6 milliards. Le budget initial montrait déjà l'importance du marché régional dans la stratégie financière de l'État : les intérêts liés aux marchés financiers intérieurs étaient programmés à plus de 202 milliards FCFA pour l'exercice.

L'apurement de la dette intérieure apparaît dès lors comme un instrument à double effet. Pour les entreprises, le paiement d'une facture publique ancienne constitue une entrée de trésorerie susceptible de réduire les découverts, de payer les fournisseurs ou de relancer un investissement sans contracter immédiatement un nouveau crédit. Pour l'État, cependant, ces règlements interviennent alors que le Trésor doit continuer à emprunter pour couvrir ses propres besoins. Le véritable indicateur à suivre au cours des prochains mois sera donc moins le seul montant des créances remboursées que la capacité du crédit bancaire au secteur privé à progresser parallèlement aux besoins de financement de l'État. C'est à cette condition que l'oxygène apporté par l'apurement de la dette intérieure pourra se transformer en financement durable de l'activité.

Publié le 15/08/26 12:26

La Rédaction

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