menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

Gabon: FlyGabon mise sur le B737 MAX de Boeing pour relier Libreville à Paris et Londres

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ouvre dans 39h25min

Le pavillon national gabonais FlyGabon s'apprête à franchir un nouveau cap dans sa stratégie d'expansion internationale. Détenue à 56 % par l'État via la holding publique Fly Air Gabon Holding (FLAGH), elle négocie auprès du constructeur américain Boeing l'acquisition ou la location de trois appareils de la famille 737, notamment le B737 MAX, en vue d'ouvrir des liaisons directes vers Paris et Londres. C'est le Directeur Général de la compagnie, Nyl Moret-Mba, qui a confirmé l'information.

Le choix du B737 MAX n'est pas anodin. Grâce à ses moteurs de nouvelle génération et à une consommation réduite, l'appareil affiche une autonomie pouvant atteindre 6 500 kilomètres, ce qui rend techniquement envisageables des vols directs depuis Libreville vers Paris (environ 5 450 km) et Londres (près de 5 750 km). Sur le plan financier, FlyGabon s'oriente vers le leasing opérationnel plutôt que l'achat ferme, une approche aujourd'hui privilégiée par près de 65 % des compagnies aériennes dans le monde, selon Moret-Mba, qui permet de préserver la trésorerie tout en accélérant la mise en service commerciale.

La viabilité du projet reste cependant conditionnée à des variables que les annonces officielles laissent ouvertes. Sur ce corridor Europe-Afrique centrale, FlyGabon se retrouvera en concurrence directe avec des opérateurs établis comme Air France ou Ethiopian Airlines, qui disposent d'une base de clientèle, d'une infrastructure de correspondances et d'une capacité de yield management sans commune mesure avec celles d'une compagnie en phase de montée en puissance. La rentabilité des lignes dépendra en partie du taux de remplissage et de la grille tarifaire retenue, deux inconnues que ni le communiqué gouvernemental ni les déclarations du management ne précisent pour l'heure.

Pour alimenter ces futures lignes long-courriers, FlyGabon consolide en parallèle son réseau régional depuis Libreville, avec des connexions vers Johannesburg, Yaoundé, Malabo et Bangui. Ce maillage reste toutefois modeste pour générer un flux de correspondances suffisant. Si le projet aboutit, il représentera néanmoins une rupture structurelle pour le secteur aérien gabonais, historiquement dépendant des transporteurs étrangers sur les flux Europe-Gabon, et avec eux, d'une partie substantielle de la valeur économique que ces flux génèrent chaque année.

Idrissa Diakité

Publié le 20/06/26 09:37

La Rédaction

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

MvUCZyuc9fCmrG9oR8J051YfLel_cFb92yB7yKCiM8M False