Selon les informations rapportées ce mardi par Africa Intelligence, le gouvernement gabonais a décidé de sortir le chéquier pour stabiliser le réseau électrique national. En consentant un prêt de 30 milliards FCFA à la Société d'Énergie et d'Eau du Gabon (SEEG), l'État intervient directement pour solder une partie substantielle des impayés accumulés auprès du producteur indépendant turc Karpowership. Ce déblocage d'urgence vise à rompre le cycle des tensions financières qui menaçaient d'aboutir à un arrêt de la production du navire-centrale stationné au large de Libreville.
Pour le Grand Libreville, c'est un ouf de soulagement étant entendu que le groupe turc assure, via son unité de production flottante, près de 150 MW, soit environ la moitié de la consommation électrique de la capitale. En pleine phase de restructuration sous la supervision du cabinet français Suez, la SEEG se trouvait dans l'incapacité de mobiliser ses fonds propres pour régler ses créances, exacerbées par un conflit de responsabilités avec la Gabon Oil Company (GOC) sur le paiement de la facture de combustible. Cette injection de liquidités par le Trésor public fait ainsi office de soupape de sécurité pour la stabilité sociale et économique du pays.
Cette opération financière souligne les défis opérationnels du secteur énergétique national, marqué par une forte dépendance aux solutions de production thermique. Le contrat initial avec Karpowership intègre une clause de conversion vers le gaz naturel, une mutation technique conçue pour optimiser les coûts d'exploitation de 35 %. Cependant, la persistance des tensions de trésorerie a retardé la mise en œuvre de cette transition, prolongeant l'usage du fioul lourd dans le mix de production. L'appui financier de 30 milliards FCFA apporte ainsi une réponse immédiate aux impératifs de continuité du service public, tout en rappelant la nécessité de stabiliser les équilibres financiers de la SEEG.
Pour l'État gabonais il s'agissait avant tout de reprendre la main dans la gestion du passif de la SEEG, dont le redressement financier repose en partie sur le recouvrement de ses créances auprès de ses abonnés, incluant l'administration publique. Le recours à ce prêt étatique illustre la priorité accordée par les autorités à la solvabilité du secteur vis-à-vis des partenaires stratégiques pour maintenir l'équilibre offre-demande.
Publié le 21/04/26 17:41
La Rédaction
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CEMAC