La Caisse des pensions et des prestations familiales des agents de l'État (CPPF) étudie l'instauration d'un régime de retraite complémentaire obligatoire par capitalisation pour certaines catégories de fonctionnaires gabonais. Selon le prospectus obligataire de la République gabonaise publié le 19 octobre 2026, ce dispositif pourrait générer environ 2 milliards FCFA de ressources supplémentaires chaque mois, soit 24 milliards FCFA sur une année complète. Cette initiative, encore au stade de projet, vise à élargir les mécanismes de protection sociale et à renforcer les capacités de financement du système public de retraite.
Le projet prolongerait les réformes engagées depuis 2024 pour consolider les finances de la CPPF. En effet, le décret du 7 février 2024 a porté les cotisations salariales du régime général de 6% à 7% et la contribution de l'État employeur de 15% à 18%, avec une assiette élargie à la plupart des éléments de rémunération. L'âge légal de départ à la retraite des fonctionnaires a également été relevé de 60 à 62 ans. Ces ajustements ont accompagné le redressement des recettes de cotisations, après plusieurs années marquées par le ralentissement des recrutements dans la fonction publique.
Les données communiquées dans le prospectus permettent de mesurer les contraintes auxquelles fait face le système. Au 31 décembre 2025, la CPPF assurait le paiement des pensions de 26 916 retraités, avec un rapport de seulement 3,77 agents publics actifs pour un pensionné. Sur la période 2016-2023, le nombre de bénéficiaires avait progressé de 35,9%, entraînant une augmentation des charges de pensions. Le gel des recrutements appliqué à partir de 2017 avait notamment contribué à réduire progressivement le nombre de cotisants par rapport aux retraités, avant sa levée à la fin de l'année 2023.
La situation financière de la caisse reste également marquée par les cotisations patronales dues par l'État. Le prospectus évalue à environ 242,7 milliards FCFA la créance cumulée de la CPPF sur le Trésor public pour la période 2016-2025. Parallèlement, l'État a décaissé 70 milliards FCFA en 2024 et 2025 pour régulariser des droits de pension, notamment dans le cadre de leur alignement sur le nouveau système de rémunération et de la revalorisation des prestations déjà accordées. Ces opérations s'inscrivent dans la réorganisation du financement des retraites publiques.
Au-delà des cotisations supplémentaires envisagées, la CPPF entend renforcer son rôle d'investisseur institutionnel. Le document précise que la caisse prévoit de diversifier ses placements vers les participations au capital d'entreprises, les obligations d'État, l'immobilier et les fonds de capital-investissement, dans le respect des règles de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (CIPRES). Son comité de financement avait déjà mandaté la direction générale pour procéder à un investissement d'un milliard FCFA en décembre 2024. La création éventuelle d'une retraite complémentaire par capitalisation pourrait ainsi élargir les ressources placées à long terme par la CPPF, tout en développant une nouvelle composante du système de retraite des agents publics.
Idrissa Diakité
Publié le 21/10/26 13:52
La Rédaction
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