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Gabon : La "surtaxe de guerre" de MSC, le baptême de feu pour la Centrale d’achat

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Ce mercredi 4 mars 2026, l'ambiance dans les bureaux du vice-premier ministre Hermann Immongault était à la stratégie et à la confiance. À moins d'un mois du lancement de la Centrale d'achat, les responsables, menés par Théophile Boutamba, affichaient une sérénité relative quant aux tensions au Moyen-Orient. L'argument de base reposait sur un choix logistique et géographique : privilégier la route de l'Afrique du Sud et le cap de bonne espérance pour contourner le détroit d'Ormuz. Cette assurance visait à garantir la disponibilité des stocks pour le 1er avril, date butoir du lancement de la centrale d'achat.

Pourtant, à peine 24 heures après cette audience, l'annonce du leader mondial MSC est tombée comme un couperet, venant contredire l'optimisme des autorités. En imposant une "surtaxe de guerre" allant jusqu'à 4 000 dollars par conteneur, soit plus de 2 millions FCFA, l'armateur ne se contente pas de taxer le passage des détroits, il indexe l'ensemble des cargaisons provenant des hubs du Golfe et du sous-continent indien vers l'Afrique. Cette décision globale prouve que dans le transport maritime moderne, aucun circuit n'est totalement à l'abri des ondes de choc géopolitiques.

Là où la Centrale d'achat prévoyait une simple "vigilance" sur les coûts, elle se retrouve désormais face à une inflation logistique immédiate de 15% à 25% sur ses futures premières commandes. L'anticipation des responsables, qui misaient sur la sécurité de la route Sud, est au passage balayée par la stratégie tarifaire de MSC qui applique la taxe dès le point d'origine (Golfe/Inde), quel que soit l'itinéraire final vers Owendo. C'est un véritable test de crédibilité pour cette centrale d'achat avant même qu'il n'ait livré son premier sac de riz.

Cette surprise stratégique met en lumière la difficulté pour un État, même préparé, de contrer les décisions unilatérales des géants des mers. La Centrale tant attendue, qui se veut le "bouclier anti-vie chère", se voit ainsi contrainte d'absorber un surcoût non budgétisé potentiellement très onéreux, dès sa phase de lancement. L'audience de mercredi, censée rassurer sur la maîtrise des coûts, semble apparaître comme le début d'une bataille économique bien plus rude que prévu pour le gouvernement gabonais.

Publié le 05/03/26 14:40

La Rédaction

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