Le Projet d'Appui à la Diversification de l'Économie Gabonaise (PADEG), initiative stratégique cofinancée par la Banque Africaine de Développement (BAD) à hauteur de 41,1 milliards FCFA (62,7 millions d'euros), affiche une trajectoire d'exécution financière préoccupante. Selon le rapport de supervision, le montant décaissé s'établit à peine à 5,27 milliards FCFA (8,03 millions d'unités de compte), soit un taux de consommation des ressources de 15,45 %. Ce niveau de mobilisation de capital, jugé insuffisant, place le programme dans une zone de risque critique alors que l'échéance finale de décaissement est irrévocablement fixée au 31 décembre 2026.
L'analyse institutionnelle de la BAD pointe une " performance globale insatisfaisante ", imputable non pas à une rareté des ressources, mais à une rigidité opérationnelle majeure, pour ce projet visant à réduire la dépendance du Gabon au pétrole grâce notamment au soutien des PME-PMI. Le rapport souligne une erreur de conception initiale caractérisée par une fragmentation excessive des marchés, générant une multiplication de procédures administratives qui ont fini par paralyser l'engagement des 34,3 milliards FCFA restants. Ce diagnostic met en lumière une difficulté d'absorption des financements internationaux, souvent corrélée à une bureaucratie complexe.
Face à cette inertie, une batterie de mesures correctives a été déployée pour tenter de dynamiser le portefeuille. L'appareil administratif a été soumis à une thérapie de choc incluant l'instauration de réunions de suivi hebdomadaires et le renforcement substantiel des équipes fiduciaires. Le recrutement d'un second spécialiste en passation des marchés vise spécifiquement à fluidifier le flux d'acquisitions en attente. Ces ajustements techniques cherchent à transformer l'Unité de Gestion du Projet en une interface capable d'accélérer la cadence avant la clôture du prêt.
À ce stade, le statut du PADEG reste classé comme " Problématique " par les partenaires au développement. Le contexte de transition politique au Gabon a imposé un réalignement stratégique des activités pour correspondre aux priorités de la " nouvelle République ". Une révision de la liste des biens et services (RLBS) est actuellement en cours pour intégrer les nouveaux objectifs de l'exécutif national. L'enjeu est désormais d'opérer une mutation rapide de la gouvernance du projet pour éviter une annulation massive de fonds, indispensable à la solidité de la croissance hors-pétrole du pays.
Publié le 09/03/26 12:09
La Rédaction
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CEMAC