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UMOA-Titres : Le Togo bat le record du taux de couverture avec une émission sursouscrite à près de 900%

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Pour sa première intervention de l'année sur le marché régional des titres publics de l'UMOA, le Togo à l'instar du Bénin le 5 mars dernier, enregistre une performance historique, confirmant son attractivité. En effet, le pays est parvenu à mobiliser 22 milliards FCFA, soit 2 milliards de plus que l'objectif initial de 20 milliards de FCFA, au terme d'une opération qui a suscité un vif engouement des investisseurs.

L'émission, organisée par UMOA-Titres ce 6 mars, combinait un Bon assimilable du Trésor (BAT) à 364 jours et deux Obligations assimilables du Trésor (OAT) de 3 ans et 5 ans. Elle s'est soldée par une demande exceptionnelle de 176,19 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 880,97%, le niveau le plus élevés observés jusque-là sur le marché régional depuis le début de l'année. Cette forte sursouscription illustre l'appétit des investisseurs pour la signature souveraine togolaise et la confiance dont bénéficie Lomé, auprès des acteurs du marché financier régional.

Malgré ce niveau de demande particulièrement élevé, le Trésor publics togolais a choisi de retenir 22 milliards de FCFA, correspondant à un taux d'absorption de 12,49%. Une décision qui traduit une stratégie classique de gestion prudente de la dette publique : capter la liquidité disponible tout en maîtrisant le coût global de financement dans un contexte de normalisation progressive des taux d'intérêt sur le marché régional.

Le détail de l'opération met en évidence une nette préférence des investisseurs pour les maturités intermédiaires, notamment les obligations. La tranche à 3 ans a constitué le véritable moteur de l'émission, avec 14,72 milliards de FCFA mobilisés et un rendement moyen pondéré de 7,18%. La maturité à 5 ans a pour sa part permis de lever 7,27 milliards de FCFA, à un taux moyen de 7,36%. En revanche, aucune offre n'a finalement été retenue sur le BAT à 364 jours, signe que le Trésor a privilégié les maturités obligataires, afin d'optimiser la structure et le coût de son financement. Ce choix reflète une stratégie visant à tirer parti de la forte demande pour les titres de moyen terme, tout en allongeant progressivement la maturité moyenne de la dette.

L'opération a mobilisé des investisseurs issus de cinq des huit pays membres de l'union monétaire. Les offres retenues proviennent principalement du Togo (7,46 milliards FCFA), suivi de la Côte d'Ivoire (6,15 milliards FCFA), du Bénin (3,2 milliards FCFA), du Burkina Faso (2,99 milliards FCFA) et du Sénégal (2,17 milliards FCFA). Cette diversité géographique des souscripteurs témoigne de la profondeur croissante du marché financier régional, devenu un levier clé de financement pour les États de l'Union.

Un marché régional très liquide

La performance du Togo intervient dans un contexte de forte liquidité sur le marché régional, où plusieurs États multiplient les opérations de financement. Quelques jours auparavant, le Bénin avait lui aussi enregistré une émission fortement sursouscrite 832,92%, illustrant la confiance persistante des investisseurs institutionnels dans les signatures souveraines de l'UEMOA.

Pour les États de la zone, ce marché constitue désormais un instrument central de mobilisation de ressources budgétaires, permettant de financer les besoins de trésorerie et les programmes d'investissement, tout en limitant la dépendance aux financements extérieurs. Dans ce contexte, la réussite de l'opération togolaise confirme la capacité du pays à capter l'épargne régionale, tout en consolidant sa crédibilité financière sur le marché des titres publics de l'Union.

Publié le 07/03/26 19:14

Narcisse Angan

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