Initialement attendu en 2026, le démarrage du projet de gaz naturel liquéfié (GNL) de Cap Lopez, porté par Perenco au Gabon, est désormais annoncé pour début 2028. Ce décalage de deux ans concerne l'un des principaux investissements gaziers engagés dans le pays, dont le coût avait été évalué à plus d'un milliard de dollars, soit environ 560 milliards FCFA, lors de la décision finale d'investissement annoncée en février 2023. La nouvelle échéance, communiquée par l'opérateur, reporte les premières productions commerciales attendues de cette infrastructure destinée à développer les exportations de gaz gabonais.
En effet, malgré l'avancement des travaux, plusieurs installations restent à achever avant la mise en exploitation. Selon les dernières informations communiquées par Perenco, environ 100 kilomètres de pipelines ont été installés sur les 570 kilomètres prévus, soit près de 18% du réseau. Les travaux du nouveau quai de Cap Lopez ont également débuté, tandis que la conversion du navire destiné au stockage du gaz et la fabrication des modules de liquéfaction se poursuivent à Dubaï. Ces différentes opérations conditionnent la mise en service de l'ensemble industriel, dont le calendrier a été révisé par rapport aux premières annonces.
La future installation doit disposer d'une capacité de production annuelle de 700 000 tonnes de GNL, principalement destinées à l'exportation. Le projet prévoit également la production de gaz de pétrole liquéfié (GPL), notamment du butane destiné au marché intérieur. Dans son communiqué du 16 février 2023, Perenco tablait sur une production de 20 000 tonnes de butane par an, en complément des capacités déjà développées au Gabon. Le report du calendrier retarde ainsi les perspectives de recettes d'exportation supplémentaires, mais aussi les volumes de gaz domestique attendus de cette nouvelle infrastructure.
Ce décalage soulève la question du rythme de concrétisation des investissements énergétiques. Le gaz naturel constitue une possibilité de diversification des exportations dans un pays encore largement dépendant du pétrole brut. La mise en service de Cap Lopez pourrait également contribuer à valoriser une partie du gaz associé à la production pétrolière, aujourd'hui brûlé à la torche. Toutefois, les retombées sur les finances publiques dépendront des volumes effectivement commercialisés, des prix de vente, des coûts d'exploitation et des dispositions fiscales applicables.
Le calendrier de 2028 n'est toutefois pas une annonce entièrement nouvelle : cette échéance était déjà évoquée publiquement en mars 2026, après les premières prévisions de mise en service en 2026. Cette nouvelle communication apporte surtout une actualisation de l'avancement des travaux. À moins de deux ans du démarrage annoncé, l'achèvement des pipelines, la livraison des équipements de liquéfaction et la mise en service du dispositif de stockage restent donc attendus.
Idrissa Diakité
Publié le 22/10/26 13:07
La Rédaction
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