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Gabon : Le Trésor ne lève que la moitié des 135 milliards visés sur le marché BEAC

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Sur les 135 milliards FCFA mis en adjudication lors de la séance du 22 juillet 2026 sur le marché des titres publics de la zone CEMAC, le Trésor gabonais n'a mobilisé que 66 milliards FCFA, soit un taux de couverture global d'environ 49% selon les données fournies par la Direction générale de la comptabilité publique et du Trésor (DGCPT) et la Direction générale de la dette (DGD) ce 28 juillet. Ce résultat masque une réalité à double sens. Les lignes courtes ont été servies à 100%, tandis que la quasi-totalité des lignes longues et une partie des BTA à échéance octobre n'ont trouvé aucun preneur.

Le détail par instrument est assez clair. Les deux BTA-13 semaines à échéance août (14 et 28 août 2026) ont levé ensemble 36 milliards FCFA sur 36 milliards annoncés. L'OTA à 3 ans a levé 30 milliards sur 30 milliards annoncés. À l'inverse, l'OTA à 4 ans (7,5 milliards annoncés), l'OTA à 2 ans du 24 juillet 2028 (20 milliards annoncés), l'OTA à 2 ans du 16 janvier 2028 (5 milliards annoncés) et deux lignes de BTA-13 semaines à échéance du 23 octobre (16,5 et 20 milliards annoncés) n'ont servi aucun montant, malgré des soumissions ponctuelles très en deçà des volumes recherchés.

Ce taux de couverture de 49% traduit un déséquilibre structurel entre l'offre de titres proposée par le Trésor et la demande effective des spécialistes en valeurs du Trésor. Sur les lignes en échec, le nombre de SVT soumissionnaires est resté nul ou marginal (0 à 4 sur les 22 SVT du réseau), alors que les deux lignes servies à 100% ont chacune attiré une seule contrepartie active. Cette faible profondeur du marché, concentrée sur un nombre restreint d'intervenants, fragilise la capacité du Trésor à lisser ses besoins de financement dans la durée.

Ce résultat mitigé intervient alors que le calendrier d'émissions du Trésor doit composer avec un mur de refinancement significatif et des marges budgétaires contraintes, dans un contexte où le déficit et les besoins de trésorerie de l'État restent élevés. Le succès des seules lignes courtes indique que les investisseurs domestiques et régionaux privilégient une exposition limitée dans le temps, ce qui contraint mécaniquement le Trésor à des refinancements plus fréquents et potentiellement plus coûteux à chaque échéance.

Ce résultat d'adjudication constitue un indicateur à suivre de près pour les prochaines séances. La persistance d'un taux de couverture inférieur à 50% sur plusieurs séances consécutives signalerait une difficulté durable d'accès au marché BEAC, obligeant potentiellement les autorités à revoir à la hausse les taux proposés sur les lignes longues, ou à recalibrer le volume et le calendrier des émissions pour mieux correspondre à l'appétit réel du réseau des SVT.

Idrissa Diakité

Publié le 30/07/26 12:40

La Rédaction

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