Un mois après la publication des résultats de l'audit de la dette publique gabonaise, les chiffres présentés par le gouvernement pourraient encore évoluer. Selon une circulaire gouvernementale révélée ce lundi 19 octobre 2026 par Reuters, les conclusions de cet audit restent soumises à l'examen du Fonds monétaire international (FMI) et pourraient faire l'objet de révisions. Cette précision concerne directement l'un des principaux exercices de clarification des finances publiques engagés par Libreville cette année. Elle survient alors que les autorités tentent de parvenir à un nouvel accord financier avec l'institution de Washington d'ici la fin de l'année.
En septembre, le ministère de l'Économie et des Finances avait annoncé que l'audit réalisé sur les engagements de l'État au 31 décembre 2025 avait permis de ramener leur montant consolidé de près de 11 700 milliards à 9 524,6 milliards FCFA, soit une diminution statistique de 18,6%. Cette réévaluation, obtenue après des opérations de vérification, de correction et de reclassement, ne résultait pas d'un remboursement de dette. Elle avait néanmoins modifié sensiblement les indicateurs présentés par le gouvernement. Sur la base d'un PIB nominal 2025 rebasé à 13 822 milliards FCFA, le ratio d'endettement avait ainsi été établi à 68,91%, légèrement sous le plafond communautaire de 70% retenu dans la CEMAC.
L'examen conduit par le FMI constitue désormais un réel enjeu pour la crédibilité de ces nouvelles données. Les équipes de l'institution doivent apprécier les conclusions de l'audit dans le cadre de leurs échanges techniques avec les autorités, notamment sur le périmètre des engagements publics et leur traitement statistique. Une éventuelle révision pourrait modifier le montant de référence retenu pour évaluer l'endettement du pays, ainsi que les projections financières utilisées dans les prochaines discussions.
Le dossier avait déjà occupé une place importante lors de la mission conduite à Libreville du 14 au 25 septembre par Aliona Cebotari. À cette occasion, les représentants du FMI avaient examiné les conclusions de l'audit, les perspectives des finances publiques et les orientations du budget 2027. Les discussions doivent se poursuivre afin de préparer d'éventuelles négociations sur un programme soutenu par le Fonds. Selon la circulaire rapportée par Reuters, le gouvernement vise désormais un accord au niveau des services du FMI avant la fin de 2026, tout en reconnaissant que ce calendrier ne peut être garanti. Une nouvelle mission est envisagée après les échanges organisés lors des Assemblées annuelles de Bangkok.
La stabilisation des chiffres de la dette apparaît d'autant plus importante que Libreville poursuit une stratégie de financement ambitieuse. Après deux émissions internationales totalisant 1,5 milliard de dollars en 2026, le projet de budget 2027 prévoit de mobiliser plus de 1 100 milliards FCFA supplémentaires sur les marchés internationaux. Les créanciers et les partenaires financiers auront besoin d'une évaluation cohérente des engagements publics pour apprécier la capacité de remboursement du pays. L'examen du FMI déterminera ainsi les données qui pourront servir de référence aux prochaines discussions financières, sans préjuger de la conclusion d'un accord.
Idrissa Diakité
Publié le 19/10/26 14:45
La Rédaction
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