En marge du sommet Africa Forward à Nairobi, le président Brice Clotaire Oligui Nguema et Christel Bories, PDG d'Eramet, ont tenu une séance de travail décisive ce 13 mai 2026. Si l'intention du Gabon de devenir actionnaire de la maison-mère est désormais officielle, l'opération dépendra de la validation technique lors de la prochaine Assemblée Générale du groupe. Selon nos informations, les négociations entre les deux parties seraient déjà bien avancées, traduisant une convergence de vues sur la nécessité de lier plus étroitement les destinées de la holding parisienne et de son principal pôle opérationnel.
Pour l'heure, le processus suit le calendrier boursier : le projet d'augmentation de capital doit être soumis au vote des actionnaires le 27 mai prochain. L'État gabonais envisage de se positionner sur le marché via le rachat de Droits Préférentiels de Souscription (DPS), une stratégie qui lui permettrait de s'inviter au tour de table de la holding aux côtés de la famille Duval et de l'État français.
Si ce projet de montée au capital était acté lors de l'Assemblée Générale du 27 mai, il marquerait un tournant historique dans la stratégie de souveraineté minière de Libreville. En devenant un actionnaire de référence au niveau du groupe, et non plus seulement via la filiale locale Comilog (détenue à 28,9 %), le Gabon s'assurerait un droit de regard direct sur les arbitrages d'investissement globaux d'Eramet.
Une telle participation permettrait notamment au Gabon de peser sur les décisions stratégiques à l'approche de l'échéance cruciale du 1er janvier 2029. À cette date, le pays prévoit d'imposer une interdiction d'exportation de manganèse brut. En s'asseyant au Conseil d'administration de la maison-mère, l'État pourrait garantir que les flux de capitaux soient prioritairement fléchés vers le développement des unités de pyrométallurgie locales, indispensables à la transformation sur place du minerai.
Sur le plan opérationnel, cet accord renforcerait les engagements relatifs à la modernisation du Transgabonais. Le Plan de Modernisation et de Sécurisation (PMS) du réseau ferroviaire, piloté par la Setrag, demeurerait au cœur de cette nouvelle alliance. Une synergie accrue entre l'État-actionnaire et l'industriel serait de nature à réduire le "risque pays" tout en fluidifiant la chaîne logistique, principal verrou à l'augmentation des capacités de production.
Publié le 12/05/26 10:33
La Rédaction
SN
CEMAC