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Gabon-Perenco : Imbroglio autour d'une supposée procédure au Parquet National Financier

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L'écosystème pétrolier gabonais est actuellement secoué par un vif imbroglio judiciaire suite à des rapports médiatiques faisant état d'une plainte déposée par l'État gabonais contre le groupe Perenco auprès du Parquet National Financier (PNF) à Paris. Cette offensive judiciaire porterait sur des soupçons de corruption et de détournement de fonds publics qui auraient été orchestrés en connivence avec des dignitaires de l'ancien régime. Toutefois, dans un communiqué officiel diffusé ce 28 mars 2026, la filiale gabonaise du géant franco-britannique a apporté un démenti formel, qualifiant ces allégations de "fausses et diffamatoires" tout en précisant qu'aucune procédure n'a été engagée par les autorités gabonaises à son encontre.

Cette situation de crise survient alors que Perenco consolide sa position de pivot central de l'amont pétrolier au Gabon. Devenu le premier producteur du pays après le rachat successif des actifs matures de TotalEnergies, le groupe opère aujourd'hui une production critique estimée à environ 100 000 barils par jour. Au-delà de l'extraction de brut, l'entreprise joue un rôle systémique dans la stratégie énergétique nationale via l'exploitation du gaz naturel à Batanga et la fourniture de Gaz de Pétrole Liquéfié (GPL), des infrastructures vitales pour la consommation domestique et la génération électrique du pays.

L'enjeu de cette confrontation médiatico-judiciaire dépasse donc le simple cadre de la conformité, touchant directement à la gouvernance des ressources extractives sous la transition actuelle. Le groupe est régulièrement scruté pour son empreinte environnementale, ayant déjà fait l'objet de contentieux pour des pollutions dans le bassin d'Etimboué.

Cependant, l'ouverture éventuelle d'un front judiciaire à Paris pour des flux financiers suspects marquerait une rupture dans les relations contractuelles entre l'État et son principal partenaire industriel, à une période où Libreville cherche à optimiser ses recettes pétrolières pour financer son Plan National de Développement. Cet imbroglio nourrit une incertitude sur la stabilité du cadre des affaires dans le bassin sédimentaire gabonais. L'évolution de ce dossier sera déterminante pour la crédibilité des réformes de transparence engagées par les autorités gabonaises.

 

Publié le 30/03/26 12:38

La Rédaction

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