menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

Gabon : Pourquoi 84% des 90 milliards FCFA mobilisés pour le corridor routier vers le Congo restent à décaisser?

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ouvre dans 53h35min

Le Gabon dispose d'une enveloppe de 137,617 millions d'euros, soit environ 90,3 milliards FCFA, pour financer le Programme d'appui au secteur des infrastructures au Gabon (PASIG). Pourtant, à la mission de supervision menée du 22 au 26 juin 2026, seulement 15,73% du financement net avaient été décaissés, laissant 84,27% encore non décaissés. Un niveau particulièrement faible pour un programme dont les deux prêts ont été approuvés dès décembre 2019 et dont l'objectif principal est d'améliorer le corridor routier reliant Libreville à la frontière congolaise.

Une première explication tient au calendrier effectif du financement. Si les prêts ont été approuvés le 12 décembre 2019 et signés le 17 mars 2020, leur entrée en vigueur n'est intervenue que le 23 novembre 2021, avant un premier décaissement effectif le 18 avril 2022. Près de deux ans et demi séparent ainsi l'approbation initiale du démarrage effectif des décaissements. La date limite du dernier décaissement étant fixée au 31 décembre 2026, le programme aborde désormais une phase déterminante de son calendrier financier.

Le faible taux de décaissement ne signifie toutefois pas que le chantier principal est resté à l'arrêt. Au 24 juin 2026, 40 kilomètres de plateforme sur les 46 kilomètres suivis avaient été réalisés, soit 86,95%. La couche de forme atteignait 26,7 kilomètres, la couche de fondation 21,82 kilomètres et la couche de base 12,3 kilomètres. Mais seulement 15 kilomètres sur les 49 kilomètres ciblés étaient comptabilisés comme aménagés et bitumés, tandis que la couche de roulement définitive n'avait pas encore commencé. Le décalage entre progression de certains travaux intermédiaires et réalisation complète des ouvrages contribue ainsi à expliquer l'écart entre avancement physique et décaissements.

La BAD relève également des goulots d'étranglement dans l'exécution. Son rapport mentionne notamment le respect des délais d'acquisition des biens et services, pour lequel le recrutement d'un expert en passation des marchés était prévu, ainsi que le remplacement du coordonnateur du projet après sa nomination à d'autres fonctions. Plusieurs composantes accusent parallèlement un retard marqué : les 21,28 kilomètres de voiries, les deux gares routières, trois systèmes d'éclairage solaire et huit forages d'eau affichaient encore 0% de réalisation dans ce chantier devant favoriser l'intégration régionale.

La situation conduit la BAD à porter une appréciation contrastée sur le PASIG. L'institution juge son état d'exécution " satisfaisant " et son objectif de développement " très satisfaisant ", mais le classe simultanément parmi les " projets potentiellement problématiques ". Avec 84,27% des financements encore à décaisser au moment de la supervision et une échéance financière prévue fin décembre 2026, la capacité à accélérer les marchés, achever les composantes encore en retard et convertir l'enveloppe disponible en infrastructures effectivement réalisées constitue désormais le principal enjeu d'exécution du programme.

 

Publié le 18/09/26 14:42

La Rédaction

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

RQF9SvKNISa2J0Rgz6NFKI-jQO5hABsy7X9_OFoROtY False