En quête d'un nouvel accord de financement avec le Fonds monétaire international (FMI), sollicité en mars 2026, le Gabon cherche à clarifier la situation de sa dette publique, marquée par l'accumulation d'arriérés et des divergences dans les évaluations des engagements de l'État. Pour disposer d'une estimation consolidée de ses obligations financières, les autorités ont engagé un audit dont les conclusions ont été rendues en septembre 2026. Cet exercice constitue l'un des éléments examinés dans les discussions avec le FMI, notamment sur la fiabilité des comptes publics et la soutenabilité de la dette.
Les restes à payer de l'État gabonais ont été ramenés de 1 023 milliards FCFA, selon l'estimation établie lors de la mission des services du Fonds monétaire international (FMI) de mars 2026, à seulement 33,2 milliards FCFA dans les conclusions de l'audit national de la dette. Cette réduction de près de 990 milliards FCFA, révélée dans le prospectus obligataire publié le 19 octobre 2026 par la République gabonaise, résulte principalement d'une révision du traitement comptable des engagements budgétaires. Elle constitue l'un des principaux facteurs expliquant les divergences entre les chiffres de l'administration gabonaise et ceux estimés lors de la mission du FMI.
En effet, les restes à payer correspondent aux dépenses autorisées dans le cadre des budgets précédents, mais qui demeurent non réglées à la clôture de l'exercice. Pour établir leur montant, le comité d'audit a appliqué les normes internationales de statistiques de finances publiques GFSM 2014 et les recommandations du FMI en matière de comptabilisation de la dette. Cette méthode a conduit à reclasser plusieurs engagements antérieurs, notamment ceux de l'exercice 2025, qui ne remplissaient pas les critères permettant de les comptabiliser comme des dettes directes de l'administration centrale. La différence enregistrée traduit ainsi une modification du périmètre de comptabilisation plutôt qu'un remboursement des sommes concernées. Les 33,2 milliards FCFA ne représentent donc pas la totalité des arriérés de paiement de l'État, mais uniquement les restes à payer reconnus dans cette catégorie par l'audit.
Les travaux ont également porté sur la vérification des créances, leur origine et les justificatifs produits par les administrations. Le comité a procédé au rapprochement des informations provenant notamment de la Direction générale de la dette, du Trésor, des services budgétaires et des organismes publics. Les engagements comptabilisés plusieurs fois, les créances insuffisamment documentées et certaines obligations relevant d'entités distinctes de l'administration centrale ont fait l'objet de corrections ou de reclassements. Le rapport distingue ainsi les engagements financiers directement reconnus à la charge de l'État de ceux relevant d'autres structures publiques. Ces conclusions restent soumises à l'examen technique du FMI, qui ne les avait pas encore validées à la date de publication du prospectus.
Cette révision dépasse les seuls restes à payer. Les dettes faisant l'objet de conventions de moratoire ont été ramenées de 726 à 81,1 milliards FCFA, principalement après l'exclusion de créances insuffisamment justifiées ou enregistrées dans plusieurs catégories. Les engagements liés aux projets du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) ont également été réévalués à 118,6 milliards FCFA. Par ailleurs, les arriérés de remboursement de TVA ont été ramenés à 194,8 milliards FCFA. Ensemble, ces quatre catégories expliquent environ 95% de l'écart constaté entre les deux évaluations de la dette publique, qui présentent toutefois des différences de périmètre et de méthode.
Idrissa Diakité
Publié le 21/10/26 12:17
La Rédaction
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