menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

Gabon : Quelle place pour le secteur privé dans le Pacte national de l'énergie ?

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ouvre dans 14h25min

Le Pacte national de l'énergie, présenté dans le cadre de l'initiative Mission 300, chiffre à 4,169 milliards USD les besoins de financement du secteur électrique gabonais sur la période 2026-2030. Sur ce total, 2,161 milliards USD sont attendus du secteur public et 2,008 milliards USD du secteur privé, soit une contribution privée représentant près de 48 % de l'enveloppe globale. Cette répartition traduit un choix structurant du gouvernement : faire reposer une part quasi égale de la transformation du secteur sur la mobilisation de capitaux extérieurs à l'État, alors que les investissements privés cumulés ne s'élevaient qu'à 400 millions USD à fin 2024.

Le segment de la production électrique concentre l'essentiel de l'effort privé attendu. Sur 1,546 milliard USD d'investissements programmés dans ce segment, 1,445 milliard USD, soit 93 %, devraient provenir d'opérateurs privés, principalement à travers quatre centrales hydroélectriques : Booué (835 millions USD), Sindara (305 millions USD), Fé2 (154 millions USD) et Impératrice (151 millions USD). Le transport, longtemps domaine réservé à la puissance publique, s'ouvre également au privé à hauteur de 556 millions USD sur une enveloppe totale de 2,29 milliards USD, tandis que 7 millions USD sont attendus sur les 77 millions USD dédiés aux solutions hors réseau.

Cette ouverture s'appuie sur un corpus juridique déjà constitué, mais dont l'effectivité reste conditionnée à la publication des textes d'application. L'Ordonnance n°9/2016 encadre les partenariats public-privé, tandis que la Loi n°012/2023 du 18 août 2023 fixe le cadre spécifique du secteur électrique. Le gouvernement s'est engagé à finaliser ces textes d'application entre le deuxième et le troisième trimestre 2026, avec une adoption prévue au quatrième trimestre. Le Fonds National pour l'Énergie et l'Eau (FNEE), conçu comme guichet de financement flexible, et une cellule conjointe PPP/IPP associant le Ministère de l'Accès Universel à l'Eau et à l'Énergie et celui des Finances doivent structurer cette montée en puissance, avec un objectif de création au quatrième trimestre 2026.

Les partenaires déjà engagés dessinent la physionomie du futur portefeuille bancable. Meridiam, Eranove et Perenco interviennent aux côtés de la Gabon Power Company, filiale du Fonds gabonais d'investissements stratégiques, sur les aménagements hydroélectriques et les IPP. Aggreko et Karpowership ont, pour leur part, fourni des solutions thermiques transitoires pour combler le déficit du Grand Libreville, avec des capacités installées respectives de 100 MW et 150 MW. Des bailleurs comme la BAD, l'IFC, la DBSA, l'EAIF ou Afreximbank complètent ce tour de table, notamment sur le financement de la centrale à gaz d'Owendo, dont le coût de construction atteint 227 millions USD pour la première tranche de 120 MW.

Le pari du gouvernement reste néanmoins soumis à plusieurs conditions structurantes : l'absence actuelle de modèles standardisés de contrats d'achat d'électricité, la nécessité de sécuriser les paiements via des comptes séquestres et garanties souveraines partielles, et le maintien d'un cadre tarifaire dont le taux de recouvrement des coûts n'atteint aujourd'hui que 60,5 % pour la SEEG dont la siscion a été actée. La trajectoire fixée prévoit un déploiement des appels à projets et la signature des premiers contrats PPP entre 2027 et 2028, avant une phase d'évaluation des performances entre 2028 et 2030. C'est de la capacité à transformer ce cadre réglementaire en projets effectivement bouclés financièrement que dépendra, in fine, l'atteinte des 2 milliards USD supplémentaires attendus du secteur privé d'ici la fin de la décennie.

Idrissa Diakité

Publié le 12/08/26 13:46

La Rédaction

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

ilDgaYr5PGg5p2s6fFwZfQlYjhddpsNFb72k5p5hNDI False