Le Gabon se retrouve dans une situation financière de plus en plus préoccupante, selon une récente alerte de l'agence de notation Fitch Ratings citée par Bloomberg ce 24 février. L'institution met en évidence un risque accru de défaut de paiement souverain si les conditions économiques et budgétaires actuelles persistent. Fitch a souligné que l'incertitude autour du programme de soutien du Fonds Monétaire International (FMI), que le pays n'a pas encore sollicité formellement, contribue à cette inquiétude. Selon l'agence, " le manque de clarté concernant un programme du FMI augmente le risque de défaut souverain ", ajoutant que ce flou financier pèse lourdement sur la stabilité économique du pays.
Le pays, dont la note a été abaissée à CCC‑ pour la dette extérieure, traverse une crise de liquidité qui pourrait rendre difficile le financement de ses engagements de dette. En 2025, une forte pression budgétaire combinée à des déficits croissants a conduit à des prévisions économiques alarmantes. Fitch a exprimé ses préoccupations en précisant que " le déficit budgétaire persistant et la dépendance accrue à des financements extérieurs de plus en plus incertains augmentent le risque de défaut ". Ces facteurs rendent particulièrement difficile le refinancement de la dette et renforcent l'incertitude sur les marchés financiers.
Cette instabilité a des répercussions directes sur la perception du Gabon sur les marchés internationaux. Les obligations du Gabon ont vu leurs rendements se détériorer, avec une chute notable des titres à échéance 2031. Fitch a observé que " les obligations du Gabon ont affiché des performances faibles sur les marchés internationaux, illustrant une perte de confiance parmi les créanciers ". Cette situation de marché incertaine affecte directement les investisseurs qui s'inquiètent de plus en plus de la capacité du pays à honorer ses dettes à court et moyen terme.
Alors que le Gabon se débat avec des finances publiques sous tension, la priorité semble être de trouver une solution rapide à cette incertitude vis-à-vis du FMI, dont la mission de suivi a officiellement débuté ce mercredi 25 février. Si le pays n'arrive pas à stabiliser sa situation financière, il pourrait faire face à un défaut de paiement, un scénario que Fitch juge " probable " si la situation économique et budgétaire ne s'améliore pas à court terme.
Publié le 26/02/26 13:11
La Rédaction
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CEMAC