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Gabon : Sinohydro rejoint le projet de transformation du manganèse de Comilog avec une solution hydroélectrique à l'étude

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Transformer davantage de manganèse au Gabon suppose d'abord de trouver l'électricité nécessaire pour faire tourner les usines. C'est sur ce point que le partenariat entre Libreville et Eramet vient de franchir un nouveau pallier. Le 5 novembre 2026, en marge de la visite d'État du président Brice Clotaire Oligui Nguema en Chine, l'État gabonais, Eramet Comilog et Sinohydro, filiale de PowerChina, ont signé une lettre d'intention consacrée à l'approvisionnement énergétique d'une future usine d'alliages de manganèse. L'accord prévoit d'étudier la construction de capacités hydroélectriques adaptées aux besoins du projet industriel.

Cette signature prolonge le compromis conclu le 20 juillet à Paris entre les autorités gabonaises et Eramet. Le groupe français, présent à Moanda depuis les années 1960, s'est engagé dans une feuille de route visant la transformation locale de 700 000 tonnes supplémentaires de minerai par an d'ici fin 2031. Trois projets sont à l'étude : une usine d'oxyde de manganèse près de Libreville, la rénovation du Complexe métallurgique de Moanda et une nouvelle unité côtière de production d'alliages. L'ensemble doit accompagner la transition vers une industrie minière davantage tournée vers la production de matériaux transformés.

L'électricité constitue l'une des principales conditions de réussite de ce programme. La fabrication d'alliages nécessite des fours industriels particulièrement énergivores, qui doivent fonctionner avec une alimentation stable et à un coût maîtrisé. Sinohydro apportera son expertise dans le développement des infrastructures hydroélectriques. Le site de Ngoulmendjim figure parmi les solutions envisagées, mais les études devront encore préciser la puissance nécessaire, les investissements à réaliser et les conditions de vente de l'électricité. Le choix énergétique pèsera directement sur la compétitivité des futurs produits.

Les chiffres du secteur minier donnent une idée du potentiel concerné. Le cadrage budgétaire 2027 prévoit une production nationale de manganèse d'environ 10,35 millions de tonnes, en progression de 8,6 % par rapport aux volumes attendus en 2026. Le gouvernement anticipe également une hausse de 45 % du prix moyen de vente du minerai. Dans ce contexte, le développement des activités métallurgiques pourrait permettre d'accroître la valeur créée à partir des ressources extraites. Il nécessitera néanmoins des financements industriels distincts de ceux consacrés aux infrastructures électriques.

Après Paris, l'accord chinois ajoute donc un partenaire technique à une feuille de route déjà chiffrée. Le comité de suivi réunissant l'État, Eramet et Comilog devra coordonner les études, les choix d'investissement et les échéances industrielles. L'usine d'oxyde est envisagée dès fin 2028, tandis que les autres capacités doivent être développées jusqu'en 2031. La décision la plus attendue concerne désormais le financement de l'énergie : elle déterminera une part importante du coût de production des alliages que Comilog souhaite fabriquer au Gabon.

Idrissa Diakité

Publié le 06/11/26 16:37

La Rédaction

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