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Gabon : Un marché du crédit dominé par l’État, au détriment du secteur privé

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Au Gabon, l'accès au financement reste l'un des freins majeurs au développement du secteur privé. Selon la Banque mondiale, plus de 30% des entreprises identifient la difficulté d'obtenir du crédit comme une contrainte majeure à leur croissance. Les banques locales préfèrent financer l'État, jugé moins risqué, à travers les bons du Trésor et obligations, plutôt que de soutenir les PME. Ce phénomène d'''éviction'' prive les acteurs privés de ressources pourtant indispensables à l'investissement productif et à la création d'emplois.

Pourtant, les banques disposent de liquidités abondantes. Au premier trimestre 2025, leur excédent de trésorerie a bondi de 47,3% sur un trimestre et de 35,3% sur un an. Mais le crédit au secteur privé a reculé de 1,7%, tandis que le volume global de crédit brut chutait de 13%. Cette frilosité s'explique en partie par la montée des risques. En 2024, les créances douteuses ont atteint 171 milliards FCFA, soit 17,1% de l'ensemble des crédits bancaires, un record. Même après provisions, 8,8% des prêts restent à risque, ce qui pousse les établissements à se concentrer sur les financements souverains.

Le marché est également très concentré : BGFIBank a accordé plus de 50% des nouveaux crédits au 3ᵉ trimestre 2024, accentuant la dépendance du secteur privé à un nombre réduit d'acteurs. Cette situation freine l'initiative privée dans un pays où le chômage avoisine 20% et où plus d'un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté. Pour la Banque mondiale, un rééquilibrage s'impose. Réduire les besoins d'emprunt de l'État, renforcer les mécanismes de garantie et orienter davantage l'épargne bancaire vers les PME. À défaut, la diversification de l'économie gabonaise restera compromise.

Cette approche est d'autant plus étonnante, qu'en 2024, la dette publique a atteint 72,5% du PIB, dépassant le seuil de convergence de la CEMAC fixé à 70% et en 2026, la Banque mondiale évoque déjà un niveau d'endettement proche de 83%. Difficile de comprendre cette approche des opérateurs bancaires qui privilégient l'Etat au détriment des entreprises. A noter qu'en 2026 la situation ne devrait pas évoluer dans le sens inverse puisque sur des besoins de financement estimé à 3 213,3 milliards FCFA, 60% seront financés en monnaie locale, par mobilisation accrue du marché financier régional.

Issiaka Diakité

Publié le 24/09/25 12:20

La Rédaction

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