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Gabon : Une créance de 330 millions de dollars réclamée par Bosch Capital tombe au pire moment

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Une nouvelle créance potentielle vient s'inviter dans une équation financière gabonaise déjà particulièrement tendue. Le fonds sud-africain Bosch Capital réclame plus de 300 millions de dollars au Gabon, le montant rapporté localement atteignant environ 330 millions de dollars, soit près de 185 milliards FCFA au taux actuel. Selon Africa Intelligence, qui a révélé l'ultimatum ce 27 août, Bosch Capital a récupéré les droits attachés à une créance de Paramount Group et a adressé le 24 août 2026 une lettre aux autorités gabonaises leur donnant jusqu'au 3 septembre pour payer. La créance est cependant contestée par Libreville.

Le calendrier rend le dossier particulièrement sensible. Le Gabon aborde cette réclamation alors que son budget rectificatif 2026 fait déjà apparaître un besoin de financement de 915,6 milliards FCFA. Les prévisions de recettes ont été abaissées de 22 % à 3 240 milliards FCFA, tandis que l'État s'est autorisé à emprunter jusqu'à 1,5 milliard de dollars, environ 858 milliards FCFA, sur les marchés internationaux. Le service de la dette, intérêts et amortissements compris, est parallèlement inscrit à 1 797 milliards FCFA en 2026, dont 487,6 milliards pour les seuls intérêts.

À cette pression budgétaire s'ajoute un niveau d'endettement déjà élevé. Fitch estime la dette publique gabonaise à 81,1 % du PIB à fin 2025, en intégrant des arriérés représentant environ 13 % du PIB. L'agence a maintenu en mai la note souveraine du pays à " CCC- " en devises étrangères et " CC " en monnaie locale, notamment en raison des importants besoins de refinancement et de sources de financement limitées. Fitch prévoit par ailleurs pour 2026 un déficit budgétaire d'environ 6,7 % du PIB. Dans ces conditions, l'apparition d'un contentieux de près de 185 milliards FCFA intervient alors que la marge financière de Libreville est déjà étroite.

Le contexte est d'autant plus délicat que le Gabon cherche précisément à clarifier l'étendue de ses engagements. Un audit de la dette contractée entre 2016 et 2024 doit notamment identifier d'éventuelles obligations non déclarées, des projets non exécutés ou encore des financements n'ayant pas atteint les comptes du Trésor. Moody's, qui a abaissé en juin la perspective de la note gabonaise de stable à négative, avait averti que cet audit pouvait faire apparaître des passifs supplémentaires et compliquer davantage la soutenabilité de la dette. La réclamation de Bosch Capital est antérieure à la période couverte par cet audit dans son origine contractuelle alléguée, le contrat litigieux remontant à 2014, ce qui en fait un dossier distinct qu'il convient de ne pas additionner automatiquement à la dette publique officielle.

Ces 330 millions de dollars réclamés comptent donc bien au-delà de leur montant. Bosch Capital menace désormais, selon les informations rapportées sur le dossier, d'élargir son action aux acteurs financiers internationaux si aucun règlement n'intervient. Pour Libreville, l'enjeu consiste donc autant à défendre sa position juridique qu'à empêcher le litige de devenir un facteur supplémentaire de perception du risque souverain. À titre de comparaison, les quelque 185 milliards FCFA réclamés représenteraient environ 20 % du besoin de financement de 915,6 milliards inscrit dans le budget rectificatif 2026, s'ils devaient finalement être reconnus et payés. À six jours de l'échéance du 3 septembre, c'est cette combinaison entre contentieux ancien, finances publiques tendues et accès coûteux au financement qui rend le dossier particulièrement lourd et sensible.

Publié le 27/08/26 15:51

La Rédaction

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