Près de soixante ans après la mise en service de sa première raffinerie, le Gabon prépare une augmentation majeure de ses capacités de transformation pétrolière. Le 6 novembre 2026, en marge de sa visite d'État en Chine, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu les responsables de la Société gabonaise de raffinage (Sogara), accompagnés du constructeur chinois China National Chemical Engineering & Construction Corporation Seven (CC7) et du groupe français Technip Energies, chargé de l'ingénierie. Le projet présenté prévoit une nouvelle installation dont les travaux doivent démarrer en 2027 pour s'achever en 2030. L'ambition annoncée est de tripler les capacités de raffinage du pays et de porter les stocks de produits raffinés à l'équivalent de 90 jours de consommation nationale. Une transformation qui permettrait également d'envisager des exportations vers les marchés de la CEMAC et de la CEEAC.
La Sogara exploite depuis 1967 l'unique raffinerie du pays, installée à Port-Gentil. Malgré une production nationale de pétrole brut supérieure à 200 000 barils par jour, ses installations ne couvrent actuellement qu'environ 30 % des besoins en carburants, selon les indications gouvernementales du 5 novembre. Le pays reste donc dépendant des importations pour approvisionner les stations-service en essence, gasoil et autres produits raffinés. Les tensions observées à plusieurs reprises en 2026 ont remis au premier plan les limites de cet outil industriel vieillissant. La recherche de partenaires financiers pour une nouvelle raffinerie avait été engagée dès 2024, parallèlement aux réflexions sur l'augmentation des capacités de stockage et la sécurisation de l'approvisionnement national.
Le projet a franchi une étape technique le 14 avril 2026, lorsque Technip Energies a annoncé l'obtention de deux contrats d'ingénierie d'avant-projet détaillée auprès de la Sogara. Le premier concerne la modernisation de la raffinerie existante, avec l'amélioration des unités de traitement, une nouvelle installation d'adoucissement du kérosène et quatre équipements supplémentaires de stockage. Le second porte sur un complexe d'hydrocraquage modulaire, accompagné d'une nouvelle jetée maritime et d'installations de déchargement. Technip Energies prévoit également l'intégration de sa technologie de production d'hydrogène par reformage du méthane. Les futures installations sont conçues pour produire des carburants répondant aux spécifications environnementales Africa 5, notamment en matière de teneur en soufre.
La présentation du 6 novembre apporte désormais un calendrier industriel et identifie CC7, filiale du groupe China National Chemical Engineering Corporation (CNCEC), comme constructeur chinois associé au projet. Les travaux annoncés entre 2027 et 2030 doivent permettre d'augmenter la production locale et de constituer des réserves correspondant à trois mois de consommation. Oligui Nguema a également demandé aux partenaires d'étudier la construction d'un pipeline vers le centre du pays, afin d'améliorer la distribution dans les provinces de l'Ogooué-Ivindo et du Woleu-Ntem. Cette infrastructure compléterait les investissements dans le raffinage et le stockage, en facilitant l'acheminement des carburants vers l'intérieur du territoire. Son tracé, son coût et les capacités de transport nécessaires devront être déterminés dans les études à venir.
Idrissa Diakité
Publié le 07/11/26 13:02
La Rédaction
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CEMAC