Les signaux d'alerte se multiplient au sein de la Caisse des Dépôts et de Consignation (CDC), l'institution chargée de gérer les participations stratégiques de l'État gabonais. Le 13 novembre 2025, ses employés ont publié un communiqué inquiétant évoquant une situation financière ‘'critique'' et un risque réel de banqueroute. Pour un établissement qui concentre une partie des actifs nationaux dans les secteurs de la banque, de l'énergie, des infrastructures ou encore de la distribution, l'alerte n'a rien d'anodin et pourrait annoncer une crise plus large dans la gouvernance des investissements publics.
Les agents dénoncent une gestion interne jugée opaque, des tensions de trésorerie sévères, des retards de paiement récurrents et l'absence totale d'un plan de redressement. Selon eux, ces dérives compromettent la capacité de la CDC à jouer pleinement son rôle de bras financier de l'État. Or, l'institution est aujourd'hui au cœur de la stratégie publique, gérant des participations dans des entreprises clés où l'État a renforcé sa présence ces deux dernières années, parmi lesquelles CECA‑GADIS (35% du capital acquis en 2024), Gabon Oil Company/Assala Energy, Afrijet/Fly Gabon, Société Nationale des Bois du Gabon (SNBG) et Agro‑Business Group (35% acquis).
La fragilisation de la CDC est donc un signal inquiétant. Si la caisse devient insolvable, ce ne sont pas seulement ses fonds propres qui sont menacés, mais également les participations de l'État dans ces sociétés stratégiques. CECA‑GADIS, par exemple, est un acteur central de la distribution et du commerce local, tandis que Gabon Oil Company contrôle des actifs pétroliers vitaux pour la souveraineté énergétique. Afrijet constitue un pilier du transport aérien national, la SNBG est essentielle pour la relance de la filière bois et Agro-Business Group pour l'agro-industrie. La moindre défaillance de la CDC pourrait déstabiliser ces secteurs clés.
Face à cette situation, les employés appellent à un audit indépendant, une refonte de la gouvernance et un plan de sauvetage immédiat. Ils soulignent que sans mesures urgentes, la CDC pourrait perdre sa capacité à gérer efficacement les participations et les fonds confiés par l'État et les collectivités locales, mettant en péril non seulement des entreprises, mais également la confiance des partenaires économiques et financiers.
Dans un contexte où le Gabon cherche à consolider ses institutions financières et à renforcer sa souveraineté économique, la situation de la CDC devient un test. Sauver cette caisse, préviennent ses employés, n'est pas simplement une question de liquidité mais de préservation d'un instrument central de souveraineté financière, un pilier indispensable pour la gestion stratégique des participations publiques et le maintien de la stabilité économique nationale.
Publié le 15/11/25 03:15
La Rédaction
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CEMAC