Le Ghana s'apprête à rouvrir le dossier de la création d'une compagnie aérienne nationale, un projet plusieurs fois avorté ces dernières années. Le président ghanéen John Dramani Mahama a annoncé une relance du processus, avec l'ouverture prochaine d'un nouvel appel à manifestation d'intérêt destiné à attirer des partenaires capables de concrétiser cette ambition.
Cette initiative intervient après l'échec des précédentes tentatives, dont la plus récente, menée sous l'administration précédente, avait abouti à un accord avec Ashanti Airlines en 2022. Ce projet prévoyait un lancement dès 2023, mais n'a jamais dépassé le stade des annonces. Avant cela, des discussions avaient eu lieu avec Ethiopian Airlines et EgyptAir, sans résultat. Depuis la disparition de Ghana Airways en 2004 et l'échec de Ghana International Airlines en 2010, le pays reste sans transporteur national, laissant le marché aux compagnies étrangères qui dominent les liaisons stratégiques.
Au-delà de la seule question de la concurrence, le gouvernement veut inscrire ce projet dans une dynamique plus large de développement du secteur aérien. L'objectif est de structurer un écosystème complet, allant des infrastructures aux services de maintenance et à la formation du personnel. L'aéroport de Ho, situé dans la région de la Volta et qui dessert uniquement la région, qui peine à trouver sa place dans le réseau national, devrait ainsi être transformé en centre de formation et en hub technique, afin d'accompagner cette montée en puissance.
Cette relance s'inscrit également dans un projet plus global de modernisation des infrastructures de transport, avec une meilleure articulation entre l'aérien, le ferroviaire et le maritime. La finalisation de la ligne ferroviaire Tema-Mpakadan et les projets autour du transport sur le lac Volta traduisent cette volonté d'intégration des différents modes de circulation. Dans le secteur ferroviaire, l'État cherche à attirer des investisseurs privés pour renforcer la ligne de l'Ouest, essentielle au transport de marchandises.
Si le président Mahama ne s'est pas avancé sur un calendrier précis pour la mise en service du transporteur national, il insiste sur la nécessité d'un processus rigoureux et transparent. Le choix des investisseurs et des partenaires stratégiques sera important pour éviter les erreurs du passé et garantir la viabilité du projet, dans un secteur où la réussite repose autant sur la qualité de la gestion que sur la solidité des engagements financiers.
Fanuelle YAO
Publié le 04/03/25 15:21
La Rédaction
SN
CEMAC