Le dernier annuaire statistique 2025 de l'INEGE confirme ce que les observateurs du secteur savaient déjà : le marché bancaire équato-guinéen reste ultra-concentré. En 2024, six banques commerciales contrôlent plus de 95% des actifs financiers du pays. Malgré l'ouverture réglementaire initiée par la BEAC, aucun nouvel acteur majeur n'a réussi à percer sur un marché dominé par quelques enseignes historiques dont CCEI Bank, BANGE, Société Générale, BGFIBank, Commercial Bank GE et Ecobank.
Le réseau bancaire s'est pourtant élargi avec 64 agences sont désormais actives dans le pays, contre 52 en 2022, soit une progression de 23% en deux ans. Mais cette expansion profite essentiellement aux deux poids lourds du secteur, BANGE et BGFIBank, qui concentrent à eux seuls plus de 60% des dépôts bancaires et près de 70% du crédit au secteur privé. La concurrence reste faible, et les marges d'intermédiation restent parmi les plus élevées de la zone CEMAC, avec un taux d'intérêt moyen supérieur à 12% pour les prêts aux entreprises.
Côté assurances, le constat est similaire avec cinq compagnies seulement sont réellement opérationnelles, couvrant un portefeuille encore limité. Le taux de pénétration du secteur reste inférieur à 2% du PIB, très en dessous de la moyenne régionale. La plupart des contrats concernent l'automobile, la santé et le bâtiment, tandis que l'assurance-vie reste marginale. Les primes émises ont totalisé 28,4 milliards de FCFA en 2024, en hausse modérée de 4,2%, selon les estimations de l'INEGE.
Les banques affichent des bilans sains mais concentrés, tandis que l'assurance cherche encore son moteur de croissance. La digitalisation, via le mobile money, pourrait changer la donne : le nombre de comptes actifs a bondi de 53000 à 81000 en un an. Si la régulation suit, ce levier technologique pourrait ouvrir le jeu et démocratiser les services financiers dans un pays où plus de 60% de la population reste non bancarisée.
Publié le 13/11/25 11:54
La Rédaction
SN
CEMAC