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Ghana : Fitch relève la note souveraine à ‘’B’’, portée par les réformes budgétaires et la croissanc

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L'agence internationale de notation américaine Fitch Ratings, annonce le relèvement de la note souveraine du Ghana de ‘'B-‘' à ‘'B'', avec une perspective positive, saluant les progrès enregistrés en matière de discipline budgétaire, de restructuration de la dette et de renforcement des réserves extérieures. Une décision qui marque une étape importante pour Accra, encore engagé il y a quelques années dans l'une des plus graves crises économiques de son histoire récente.

Dans son rapport publié ce 8 mai, Fitch estime que le Ghana a considérablement amélioré ses fondamentaux macroéconomiques grâce à ‘'une forte consolidation budgétaire'', une croissance soutenue du PIB réel et une nette amélioration de la liquidité extérieure. L'agence prévoit désormais une poursuite de la baisse du ratio dette publique/PIB, attendu à 46% d'ici 2027, un niveau inférieur à la moyenne des pays classés dans la catégorie ‘'B''.

Cette amélioration intervient après plusieurs années de turbulences ayant conduit le pays au défaut de paiement en 2022. À l'époque, la flambée des coûts d'emprunt, l'effondrement du cedi, la monnaie locale, et la détérioration de la confiance des marchés avaient contraint le gouvernement ghanéen à solliciter un programme de soutien du FMI de 3 milliards de dollars.

Depuis, les autorités ont multiplié les réformes budgétaires et les mesures de restructuration de la dette, notamment à travers le programme d'échange de dette intérieure (DDEP) et des négociations avec les créanciers extérieurs. Fitch considère aujourd'hui que ces efforts commencent à produire des résultats tangibles.

Des réserves extérieures en forte hausse

Parmi les éléments ayant motivé le relèvement de la note, Fitch met en avant l'augmentation spectaculaire des réserves internationales du Ghana. Les réserves non grevées ont progressé de 5,4 milliards de dollars en 2025, pour atteindre 12,3 milliards de dollars, soit l'équivalent de 3,6 mois de paiements courants extérieurs.
L'agence anticipe même une poursuite de cette dynamique, avec des réserves pouvant atteindre 4,8 mois de couverture des paiements extérieurs d'ici 2027. Cette amélioration est soutenue par les excédents du compte courant, les investissements directs étrangers et les financements multilatéraux. Le maintien de cours élevés de l'or, principale source de devises du pays, joue également un rôle déterminant. Fitch souligne que l'excédent du compte courant a atteint un niveau record de 8,2% du PIB en 2025, porté notamment par les exportations aurifères.

Autre indicateur encourageant, le ralentissement de l'inflation. Après une longue période de tensions sur les prix, le Ghana a enregistré quinze mois consécutifs de baisse inflationniste avant une légère remontée en avril 2026.

L'inflation est ainsi passée de 3,2% en mars à 3,4% en avril, une hausse attribuée aux perturbations régionales et à la remontée des prix mondiaux de l'énergie et des produits alimentaires. Malgré cette reprise modérée, Fitch estime que la tendance globale reste orientée à la baisse. L'agence salue également la prudence de la Banque centrale du Ghana, qui a engagé un cycle de baisse graduelle des taux tout en maintenant une politique monétaire vigilante afin d'éviter un retour des pressions inflationnistes.

Le retour progressif de la confiance des marchés

Cette amélioration de notation constitue un signal fort envoyé aux investisseurs internationaux. Une meilleure note souveraine permet généralement à un État d'emprunter à des conditions plus favorables sur les marchés financiers et reflète une confiance accrue dans la gestion économique du pays.

Le Ghana espère ainsi retrouver progressivement un accès plus large aux marchés internationaux des capitaux, après plusieurs années d'exclusion liées à sa crise de la dette. La récente réouverture du marché obligataire domestique illustre déjà cette amélioration du climat financier. Après plusieurs années limitées aux émissions de bons du Trésor, le pays a réussi en avril 2026 une émission obligataire à sept ans de 3,8 milliards de cedis.

Malgré ces avancées, plusieurs défis demeurent. Fitch prévient notamment que les charges d'intérêts restent élevées et devraient représenter environ 20% des recettes publiques jusqu'en 2027, un niveau supérieur à la moyenne des pays comparables. L'agence souligne également que la solidité de la reprise dépendra de la poursuite des réformes budgétaires, de la maîtrise de l'inflation et de la stabilité des revenus tirés des exportations stratégiques comme l'or, le pétrole et le cacao.

Les investisseurs surveilleront aussi la capacité du gouvernement à maintenir sa discipline budgétaire dans un contexte social et politique potentiellement sensible à l'approche des prochaines échéances électorales. Pour autant, le maintien d'une perspective ‘'positive'' traduit la confiance de l'agence américaine dans la trajectoire actuelle du Ghana.

Publié le 09/05/26 16:43

Narcisse Angan

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