D'une matinée au climat clément à Dakar, plusieurs jeunes convergent vers l'une des amphithéâtres du CESAG. À l'intérieur de la pièce, la concentration est à l'extrême. Des étudiants et des professionnels sont mobilisés dans le cadre des Journées carrières de la sixième édition Sika Academy, initiées par Sika Finance. Le thème de cette année est : ‘'la finance : un secteur, diversités de carrières''.
Pour le directeur général de Sika Finance, Daniel Aggré, cette journée s'inscrit dans le cadre du programme Sika Academy, un concours de gestion de portefeuille destiné aux étudiants de l'UEMOA, ainsi que ceux de la diaspora. Poursuivant sa présentation, il a mis l'accent sur les instruments et organismes qui animent le marché financier, ainsi que les principaux acteurs tels que le gérant de portefeuille, analyste, trader, etc.
S'adressant aux étudiants, il a mis en avant des aptitudes aujourd'hui indispensables. Il s'agit d'abord d'après lui, de la communication. " Pour tous les profils, il faut savoir présenter, bien s'exprimer. Ceux qui savoir s'exprimer seront ceux qui pourront évoluer. Il faut aussi être capable d'étudier car la finance n'est pas pour ceux qui ne savent pas ou ne veulent pas étudier. L'autre atout majeur est la capacité de gestion de la relation clientèle. C'est un travail de persuasion à faire ", a prodigué Daniel Aggré.
À l'en croire, il ne faut pas se dire qu'il faut absolument étudier la finance pour se retrouver dans le secteur de la finance. Car considère-t-il, il y a un besoin d'autres profils tels que les juristes qui comprennent la finance. " Quel que soit le niveau que vous occupez vous devez essayer ou apprendre la finance ", a ajouté Daniel Aggré
Des professionnels aboutis offerts en exemple
En marge des Journées carrières, plusieurs acteurs du marché financier ont été cités en exemple. Parmi eux, le directeur général d'Invictus Capital Finance. Isaac Mbaye est revenu sur son parcours. Il se considère comme quelqu'un qui n'est pas totalement financier car il est au départ, titulaire d'une Maîtrise en Economie et gestion à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar. " J'ai voulu très tôt aller chercher l'argent ", a-t-il rigolé.
C'est ainsi qu'il a intégré le secteur bancaire en 2007, en faisant tour à tour office de chargé de clientèle PME, directeur des grandes entreprises et responsable financier de projets. Après ce parcours, il est aller poursuivre sa formation au Maroc, au sein de la maison mère de son institution bancaire l'époque.
" J'ai eu un parcours purement commercial, mais j'ai pris le temps de me former. Nous avons cette impression que la finance n'est qu'aux financiers mais beaucoup d'autres acteurs interviennent. Donc il faut être résilients, déterminés à acquérir de nouvelles aptitudes. Il faut surtout se donner les moyens d'atteindre ses objectifs. Prenons par exemple le travail d'analyste, c'est quelque chose aujourd'hui de très intéressants avec des publications qui permettent aux investisseurs de prendre des décisions éclairées ", a dit Isaac Mbaye.
Revenant sur les différentes opérations d'Invictus Capital and Finance, notamment la levée de 75 milliards FCFA en 2024 pour la Sonatel grâce à la Titrisation de créances, il a souligné que plusieurs profils sont intervenus notamment les juristes, les agences de notation. " Les opérations sophistiquées ne se font pas uniquement avec des financiers ", considère Isaac Mbaye.
Directeur pays NSIA d'Asset Management, Ndeye Penda Diop a d'emblée conseillé aux jeunes de ne pas trop hésiter. Pour elle, il est toujours important de commencer tôt, afin de se constituer un portefeuille solide dans l'avenir. Avant d'entamer sa carrière, elle a décroché un Bac G, puis a rejoint l'ENSUT de Dakar pour obtenir un DUT en gestion des entreprises option Comptabilité. Par la suite, elle opta pour un master en France sur l'ingénierie financière et le marché des capitaux.
" J'ai commencé en tant que contrôle de gestion dans les multinationales avant de revenir au Sénégal et intégrer l'équipe de trésorerie d'une banque de la place. Après la banque, j'ai rejoint une SGI en tant que conseiller financier prémium, après je suis passé au niveau institutionnel, puis à la branche marché des capitaux ", a détaillé Ndeye Penda Diop.
Par la suite, elle est passée à la SGO en tant directrice pays avec des objectifs de développement. S'adressant aux jeunes, il a indiqué avoir touché à plusieurs branches durant son parcours. Ce qui lui fait dire qu'il ne faut négliger aucune branche. Car considère-t-elle, la conformité, la communication, le marketing, la digitalisation font également partie intégrante du secteur.
Fort de cela, elle a exhorté les jeunes qui s'intéressent à la finance à être résilients, armés de courage, sachant qu'il est possible de commencer en tant que stagiaire pour finir directeur général à l'avenir. Anis Guemazi, directeur général BSIC Capital, lui a fait une formation en expertise comptable. Par la suite, il a intégré un Big four alors qu'il n'avait aucun lien avec la finance. " J'étais dans l'activité industrielle. Et par accident je me suis retrouvé sur un dossier d'audit. Ensuite j'ai réintégré le groupe BSIC en 2009 en tant que directeur de l'inspection générale ", a-t-il souligné M. Guemazi.
Par la suite, après 20 ans de carrière il choisit de faire un master spécialisé en senior manager bancaire en France. Il a pris cette option car il estime qu'avec ce métier, on peut évoluer d'un profil à un autre selon le contexte et les besoins. " Il faut être aujourd'hui talentueux sur un domaine. Car c'est que ce nous cherchons des acteurs qui ont les capacités professionnelles optimales. Il y a aussi les compétences nouvelles dans notre sous-région telles que les managers risque. Une entreprise est un écosystème et nous avons besoin de l'implication de tous ", a déclaré. L'autre exigence d'après lui, est l'engagement d'améliorer les compétences en matière de communication, et la gestion du capital humain et des conflits.
Un secteur " ouvert "
La finance peut-elle être un secteur pour un non financier. La réponse est oui, selon Louiza DJERMANE, directeur administratif et financier de Société générale Sénégal. De statisticien, elle est passée plus tard à actrice clé dans le secteur bancaire. " Avec un profil de statisticien, j'ai intégré la Société générale comme commerciale. Au bout de 10 ans, j'ai eu un poste au niveau de la finance. C'est par la suite que j'ai appris à m'adapter pour me retrouver par la suite directeur financier. L'idéal est de savoir ce qu'on veut et se donner le courage de l'avoir ", a souligné, soulignant qu'elle vise principalement dans recrutement des profils non financiers.
Khadidiatou Ngim Directeur du réseau de Coris Bank international, est passée du Marketing au monde de la finance. Et aujourd'hui, elle a pris goût à son métier. " Avec un profil littéraire, j'ai commencé dans le marketing. Ça m'a donné l'habitude d'aller convaincre. Et ça m'a forgé et m'a permis de connaître les métiers spéciaux. Aujourd'hui j'ai franchi plusieurs étapes ", a-t-elle témoigné.
Youssoupha Séne directeur des ressources de NSIA Banque Sénégal, lui a commencé sa carrière en tant responsable juridique dans une société minière. Ambitieux et passionné par les études, il réussit ensuite le concours d'entrée au CESAG. Après quelques années d'études, il acquiert les aptitudes lui permettant d'intégrer le secteur bancaire.
" Je me suis retrouvé dans le secteur financier et bancaire. Aujourd'hui, je suis à quatre banques dans des postes différents. Aujourd'hui, il ne faut pas se mettre en vase clos. Le plus important est de parfaire sa formation et d'être ouvert. Cela permet d'évoluer. Il faut également être ouvert, déterminé et patient et privilégier les CV simples et faciles à lire ", a expliqué Youssoupha Séne.
Publié le 08/05/26 19:44
Mouhamadou Dieng
SN
CEMAC