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Guinée équatoriale : L'exécutif met en demeure Sodilecsa sur 10 milliards de travaux contestés

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Malabo intensifie sa campagne de récupération des ressources publiques. Réuni jeudi 19 juin au Palais du Peuple, l'exécutif équato-guinéen a examiné le dossier des chantiers confiés à l'entreprise de construction Sodilecsa, dont les travaux réalisés ne semblent pas correspondre aux montants encaissés auprès du Trésor. Le rapport préliminaire établi par GE-Projets, confirmé par la société de supervision des travaux mandatée par l'État, pointe un écart significatif. Sur le seul chantier de l'aéroport de Bata : Sodilecsa pourrait devoir restituer à l'État environ 10 milliards FCFA.

Quatre institutions ont été mandatées pour passer au crible l'intégralité des marchés de Sodilecsa : la SIEC, la Trésorerie Générale de l'État, le Ministère des Travaux Publics et GE-Projets. Leur mission principale sera de vérifier, contrat par contrat, si les décaissements de l'État correspondent au degré réel d'avancement des travaux. Un rapport détaillé est attendu dans un délai d'un mois. Le périmètre du litige dépasse le seul aéroport de Bata.

Les travaux attribués à Sodilecsa couvrent également les plateformes d'Annobón, de Mongomeyen et de Corisco, quatre sites jugés essentiels à la connectivité intérieure du pays et dont la finalisation demeure, selon l'exécutif, une priorité nationale. Et ce dossier ne survient pas isolément. Ces derniers jours, Malabo a également mis en lumière une dette fiscale des grossistes et distributeurs estimée à 57 milliards FCFA, un stock d'arriérés dont le recouvrement est désormais activement poursuivi par les services de l'État.

Deux fronts distincts, une même logique : reconstituer les marges de manœuvre budgétaires d'un pays sous pression. Il faut dire qu'en arrière-plan de cette offensive, la Guinée équatoriale, dont les recettes pétrolières s'érodent structurellement, cherche à démontrer sa capacité à mobiliser des ressources propres et à assainir la dépense publique. Deux conditions implicites à tout dialogue approfondi avec les institutions de Bretton Woods dont le FMI.

Auditer les contrats de BTP mal exécutés, récupérer des arriérés fiscaux auprès des opérateurs privés, sont des gestes qui s'adressent autant aux créanciers internationaux qu'aux populations, envoyant un message de discipline budgétaire. Ce dossier Sodilecsa prolonge par ailleurs le débat ouvert en mai avec Sogea-Satom, filiale africaine de Vinci Construction, contrainte de revoir ses prétentions sur les chantiers d'Oyala, et ayant abouti à une décote de 46 % sur les montants réclamés par l'entreprise.

Publié le 19/06/26 15:06

La Rédaction

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