L'opérateur public historique des télécommunications de Guinée équatoriale, GETESA, prépare son entrée sur le marché des services financiers numériques. Ce projet figure parmi les principaux axes du vaste programme de modernisation de l'entreprise présenté au gouvernement par son nouveau directeur général, Charles Borome Razafimahatratra.
Réuni vendredi au Palais du Peuple à Malabo avec le Premier ministre ainsi que les responsables des ministères des Télécommunications, des Finances et du Trésor, le vice-président de la République, Teodoro Nguema Obiang Mangue, a examiné les mesures envisagées pour redresser et transformer l'opérateur public.
Parmi les initiatives présentées figure la création de Getesa Money, une nouvelle plateforme destinée à proposer des services de paiement électronique sur un marché où les usages demeurent encore limités, malgré la progression rapide des services numériques dans la sous-région.
Selon le rapport 2024 de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) consacré aux services de paiement, la Guinée équatoriale ne comptait que 50 224 comptes de mobile money actifs à la fin de l'année dernière. Ces utilisateurs ont réalisé environ 1,2 million de transactions pour une valeur cumulée de 10,9 milliards de FCFA.
Ces performances placent le pays loin derrière les autres économies de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac). Le Cameroun domine largement le marché régional avec 30,9 millions de comptes et 26 773 milliards de FCFA de transactions, devant le Gabon, qui totalise 3,2 millions de comptes pour 3 762 milliards de FCFA de transactions, et le Congo, avec 9,5 millions de comptes et 3 515 milliards de FCFA. Même le Tchad et la République centrafricaine affichent des niveaux d'activité supérieurs, avec respectivement 526,7 milliards et 189,3 milliards de FCFA de transactions.
Pour GETESA, cette faible pénétration du mobile money constitue toutefois davantage un réservoir de croissance qu'un handicap. Contrairement à des marchés plus matures comme celui du Cameroun, où Orange Money et MTN MoMo se livrent une concurrence intense, la Guinée équatoriale offre encore d'importantes marges de développement pour les services financiers mobiles.
GETESA veut associer télécommunications et services financiers
Le projet présenté aux autorités va bien au-delà du simple lancement d'une solution de paiement mobile. Selon les informations communiquées par la vice-présidence, il prévoit notamment " la numérisation complète de Getesa grâce à une gestion sans papier, la réduction des coûts logistiques et la future mise en œuvre de Getesa Money, une plateforme financière conçue pour offrir des services de paiement électronique, ainsi que la réactivation des microcrédits, la réactivation du service d'itinérance et le déploiement du système eSIM ".
Cette diversification s'inscrit dans un programme plus large de modernisation des infrastructures de télécommunications. D'après la présentation faite aux autorités, GETESA prévoit " l'optimisation du réseau national, l'extension de la couverture téléphonique et internet, ainsi que la transformation numérique de l'entreprise grâce à l'acquisition d'équipements modernes et à la réactivation puis à la numérisation du réseau de fibre optique de l'entreprise, afin de revitaliser sa gestion et d'améliorer la qualité des services téléphoniques publics ".
L'entreprise annonce également " la mise en œuvre obligatoire du système biométrique KYC, l'introduction future de la technologie 5G, le déploiement de services Wi-Fi publics à Malabo, Bata, Oyala et dans les principales zones urbaines du pays, la création de nouvelles plateformes numériques, ainsi que le renforcement des infrastructures énergétiques et techniques de l'entreprise ".
Selon les autorités équato-guinéennes, une première phase du programme devra être exécutée dans un délai de deux mois, tandis que l'ensemble du plan devrait être déployé au cours des douze prochains mois.
Créée en 1987, GETESA demeure l'opérateur historique des télécommunications en Guinée équatoriale. L'entreprise est majoritairement détenue par l'État équato-guinéen et joue un rôle central dans le développement des infrastructures numériques du pays.
Perton Biyiha
Publié le 30/05/26 09:30
La Rédaction
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