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Guinée équatoriale : La baisse des recettes non pétrolières en 2025 met à l’épreuve le pari de la diversification économique

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En 2025, les recettes non pétrolières ont atteint 235,7 milliards de francs CFA, contre 262,9 milliards en 2024, selon des données présentées lors de la première réunion extraordinaire du Conseil interministériel de l'année. En valeur absolue, cela correspond à un recul de 27,2 milliards de francs CFA. En relatif, la baisse avoisine 10,3 %, rompant avec la dynamique de progression observée un an plus tôt.

Ce repli intervient alors même que les autorités projettent pour 2026 un objectif de 311,98 milliards de francs CFA. Comparé au niveau de 2025, l'écart est significatif, avec une hausse attendue de plus de 76 milliards de francs CFA, soit environ 32 %. Même par rapport à 2024, la cible reste nettement supérieure, avec un gain potentiel de près de 49 milliards FCFA.

Pour un pays dont l'économie a longtemps reposé presque exclusivement sur les hydrocarbures, le niveau des recettes non pétrolières reste notable. Il témoigne d'une base fiscale relativement élargie et d'une activité hors pétrole plus visible dans les comptes publics.

Mais cette progression doit être interprétée avec prudence. L'Institut national de la statistique de Guinée équatoriale (Inege) souligne que de nombreux segments non pétroliers continuent de dépendre indirectement des ressources issues du pétrole. Les dépenses publiques, les chantiers d'infrastructures ou encore certains services sont alimentés par les revenus tirés de l'or noir, ce qui limite la portée réelle de la diversification.

Ce paradoxe est d'autant plus frappant que la source principale de revenus de l'État s'érode. Les recettes pétrolières, bien qu'en baisse de 19,6 % en 2024 par rapport à 2023, ont tout de même atteint 1 123,6 milliards de francs CFA, continuant de représenter plus de 80 % des ressources publiques. Dans ce contexte, la progression des recettes non pétrolières apparaît encore insuffisante pour compenser les fluctuations des revenus pétroliers. Le ralentissement observé en 2025 vient ainsi compliquer la trajectoire de diversification, sans pour autant la remettre en cause.

Les partenaires internationaux insistent sur la nécessité d'accélérer les réformes. Dans son rapport pays publié en mars 2024, la Banque mondiale recommande d'alléger les procédures administratives et de réduire les contraintes liées à la création d'entreprise afin de stimuler l'investissement privé. L'institution préconise également la numérisation du registre du commerce, un renforcement de la gouvernance des entreprises publiques et une meilleure sécurisation des droits de propriété.

Sur le plan budgétaire, elle appelle à une mobilisation plus efficace des recettes non pétrolières. Cela passe par une rationalisation des exonérations fiscales, une révision des droits d'accise et un renforcement des mécanismes de recouvrement. Autant de leviers jugés indispensables pour transformer une diversification encore largement dépendante du pétrole en véritable moteur autonome de croissance.

Perton Biyiha

Publié le 19/03/26 13:07

La Rédaction

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