Selon l'AEGE 2025, la consommation nationale de carburants a enregistré une baisse nette de 8% en 2024, confirmant un ralentissement marqué de l'activité économique, notamment dans les transports, le BTP et l'industrie. Le pays est passé de 92,4 millions de litres consommés à 84,9 millions, un recul rarement observé dans une économie encore largement dépendante du diesel et de l'essence pour ses flux logistiques.
Le secteur industriel est le premier touché, avec une contraction de -10,7% de sa consommation de gazole. Les entreprises de construction, d'exploitation forestière et de services pétroliers ont fortement réduit leurs opérations, conséquence directe de la baisse des investissements publics et du ralentissement des chantiers. Même le transport routier, habituellement résilient, affiche une baisse de -6,4%, liée à la fois au coût du carburant et à la diminution générale des flux commerciaux.
Cette tendance révèle un ralentissement du commerce intérieur, confirmé par les données sur le parc automobile : seulement 195 000 véhicules enregistrés au niveau national, dont moins de 40% réellement opérationnels. Ce faible niveau d'activité mécanique renforce la contraction de la demande en carburants, accentuant la pression sur les stations-service, dont plusieurs signalent des marges en chute.
Pour l'économie, la situation est simple, moins de carburant consommé signifie moins de transport, moins de production et moins de mouvement commercial. Le pays entre de facto dans une zone de vigilance, notamment pour les distributeurs énergétiques et les importateurs. La tendance s'est visiblement poursuivie en 2025, puisque la Guinée équatoriale a dû revoir ses prévisions de croissance hors pétrole, déjà modérées, et accélérer l'arrivée des projets de diversification énergétique.
Publié le 27/11/25 15:21
La Rédaction
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CEMAC