La Guinée équatoriale pourrait accueillir un nouvel investissement chinois dans son secteur électrique. Beijing Weineng (BWI) a proposé d'engager 150 millions USD dans la construction de plusieurs centrales photovoltaïques destinées à alimenter le réseau national. Le projet est présenté comme le deuxième plus important investissement privé du pays.
La proposition a été examinée mercredi au Palais du Peuple, lors d'une réunion présidée par le vice-président de la République, Teodoro Nguema Obiang Mangue.
Selon les éléments communiqués à l'issue de la réunion, l'électricité produite serait vendue à Sociedad de Electricidad de Guinea Ecuatorial (SEGESA, puis injectée dans le réseau national. Le projet reste toutefois soumis à la conclusion d'un accord sur plusieurs paramètres techniques et commerciaux.
Le vice-président a donné son accord pour poursuivre les discussions et chargé le Premier ministre ainsi que les ministères concernés d'engager les négociations avec l'investisseur. Celles-ci devront notamment porter sur l'emplacement des centrales, leur capacité de production, les modalités de raccordement au réseau, le prix du kilowattheure et les conditions d'achat de l'électricité par SEGESA.
Si les volets technique, économique et juridique sont réglés, les autorités espèrent finaliser l'accord avant la fin de l'année.
Le solaire arrive dans un secteur sous tension
Ce projet intervient alors que le système électrique équato-guinéen traverse une période difficile, notamment à Malabo, où des coupures affectent régulièrement les ménages et les entreprises depuis plusieurs semaines. Une panne de turbine perturbe la production et contraint les autorités à rechercher des solutions à la fois pour rétablir rapidement l'approvisionnement et renforcer les capacités disponibles à moyen terme.
Des inspections techniques sont actuellement menées afin d'évaluer l'ampleur de la défaillance et de lancer les réparations. Le vice-président a demandé une accélération des travaux ainsi qu'une communication régulière envers les usagers jusqu'au rétablissement du service.
La crise met également en évidence les fragilités financières de SEGESA. Les impayés de plusieurs clients pèsent sur la trésorerie de l'entreprise et réduisent sa capacité à acheter des équipements, assurer la maintenance de ses installations et financer les réparations nécessaires. Pour les autorités, l'amélioration du service passe donc aussi par un renforcement des ressources de l'opérateur public.
Nguema Obiang Mangue a ainsi demandé l'application de la réglementation prévoyant la coupure de l'électricité aux clients qui ne s'acquittent pas de leurs factures. Des plans de paiement échelonnés doivent néanmoins être proposés aux débiteurs afin de leur permettre de résorber progressivement leurs arriérés.
En parallèle, le gouvernement examine des solutions permettant de disposer rapidement de capacités de secours en cas de nouvelles perturbations de la production. Le recours au fioul figure notamment parmi les options envisagées pour assurer la continuité de l'approvisionnement dans les situations d'urgence.
Dans ce contexte, le projet de BWI apparaît comme une piste de diversification du mix électrique national, mais sa mise en œuvre dépendra encore des négociations avec les autorités et de la capacité de SEGESA à garantir les conditions d'achat et d'intégration de l'électricité produite.
Claude Paul Tjeg
Publié le 11/09/26 14:51
La Rédaction
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