Le gouvernement de Guinée Équatoriale engage une véritable mutation de sa gestion publique, passant d'un modèle de subvention systématique à une culture de la performance rigoureuse. Sous la supervision du vice-président Nguema Obiang Mangue, le pays déploie un plan d'audit international de 700 millions FCFA ciblant 27 entreprises d'État et entités autonomes majeures, telles que Guinea Ecuatorial de Petróleos (GePetrol), Sociedad Nacional de Gas de Guinea Ecuatorial (Sonagas) et Guinea Ecuatorial de Telecomunicaciones S.A. (Getesa). L'objectif est de sevrer ces géants de la "perfusion budgétaire" permanente pour en faire des unités productives capables de générer des revenus non pétroliers.
Et cette quête d'efficience s'étend également à la commande publique, où l'exécutif vient de siffler la fin de la récréation pour les prestataires de services. En mettant sous pression 400 entreprises de maintenance gérant plus de 6 800 actifs immobiliers et infrastructures, Malabo s'attaque au fléau des surfacturations et des budgets de complaisance. Le constat d'anomalies budgétaires a déclenché une vague d'audits de terrain. Pour ces prestataires, il faut désormais prouver sa conformité fiscale et opérationnelle ou voir son contrat résilié sans délai.
Au-delà de l'assainissement comptable, cette stratégie répond surtout à un impératif de souveraineté financière. En exigeant des rapports détaillés sur la masse salariale et les plans d'affaires de chaque entité, le gouvernement cherche à identifier les leviers de rentabilité cachés derrière des années de gestion confortable. Une initiative qui vise à restaurer la confiance des bailleurs de fonds et à assainir le climat des affaires.
A noter que ce durcissement des règles s'inscrit dans une tendance observée à l'échelle de la CEMAC, où le Gabon et le Cameroun mènent des réformes similaires. En liant la survie des contrats de maintenance à une obligation de résultats et de transparence, la Guinée Équatoriale envoie un signal fort à l'ensemble de la sous-région. Ce plan de restructuration global pourrait bien redéfinir les standards de gouvernance pour les économies pétrolières africaines cherchant à rationaliser leur portefeuille public et à optimiser chaque franc CFA du Trésor.
Publié le 03/03/26 11:53
La Rédaction
SN
CEMAC