L'économie de la Guinée équatoriale a connu une nouvelle année difficile en 2025. Selon le Rapport annuel sur la situation macroéconomique, examiné et validé le 1er juin 2026 par le Comité technique de suivi de la situation macroéconomique, le produit intérieur brut (PIB) réel du pays s'est contracté de 5,8 %, contre un repli plus limité de 0,4 % en 2024. Cette détérioration est principalement imputable au déclin persistant du secteur pétrolier, qui continue de peser lourdement sur l'ensemble de l'activité économique.
Les données présentées dans le rapport montrent que l'activité pétrolière a chuté de 16,8 % en 2025. Dans le même temps, la croissance du secteur non pétrolier s'est limitée à 2,4 %, un rythme jugé insuffisant pour compenser la perte de vitesse de l'industrie des hydrocarbures, qui demeure le principal moteur de l'économie équato-guinéenne. Cette situation confirme la forte dépendance du pays aux revenus tirés de l'exploitation pétrolière.
Cette contre-performance se reflète directement dans les volumes de production. D'après le rapport macroéconomique validé par le Comité, la production totale d'hydrocarbures s'est établie à 68,4 millions de barils équivalent pétrole (BEP) en 2025, contre 83 millions de BEP un an plus tôt, soit une baisse de 17,6 % en glissement annuel. Les exportations du secteur ont suivi la même tendance. Le pays a ainsi exporté 73,3 millions de BEP, dont 19,8 millions de barils de pétrole brut et 53,6 millions de BEP de gaz naturel et de produits dérivés.
Le rapport attribue cette dégradation à plusieurs facteurs concomitants. Selon le document, " le déclin de l'activité pétrolière était dû à divers facteurs, notamment la maturation des puits, l'absence de nouveaux raccordements, les arrêts techniques de production, la fermeture des activités liées au méthanol, la baisse des prix internationaux du Brent et la réduction des exportations d'hydrocarbures ".
Les effets de ce recul se sont propagés à l'ensemble des secteurs de l'économie. Le secteur primaire a enregistré une contraction de 16,5 %, principalement sous l'effet de la baisse des activités extractives. Le secteur secondaire a, pour sa part, reculé de 9,8 %, pénalisé notamment par le ralentissement des activités de raffinage des produits pétroliers. Seul le secteur tertiaire est demeuré en territoire positif, avec une progression de 2,1 %, soutenue par les services et le commerce, même si son rythme de croissance apparaît plus modéré que lors des années précédentes.
Malgré cette dégradation de l'activité économique, certains indicateurs macroéconomiques sont restés relativement stables. L'inflation s'est ainsi établie à 2,3 %, un niveau inférieur au plafond communautaire de 3 % fixé par la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC).
Les finances publiques ont également fait preuve d'une certaine résilience. Les recettes de l'État ont atteint 1 213 milliards de FCFA, soit 86 % des prévisions budgétaires. Dans le même temps, les dépenses publiques se sont élevées à 1 259 milliards de FCFA, correspondant à un taux d'exécution de 89 %. Il en résulte un déficit budgétaire de 45,9 milliards de FCFA, équivalant à 0,5 % du PIB, un niveau proche de celui observé en 2024.
Au final, le rapport validé lors de cette réunion souligne que le principal défi de la Guinée équatoriale demeure la transition vers un modèle de croissance moins dépendant des hydrocarbures. Tant que les activités non pétrolières ne progresseront pas suffisamment pour prendre le relais, le recul continu de la production pétrolière continuera de se traduire par une perte de croissance pour l'ensemble de l'économie nationale.
Perton Biyiha
Publié le 03/06/26 13:54
La Rédaction
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CEMAC